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Immobilier UK : l’inflation, un risque bien plus important que la chute des prix pour le Royaume Uni

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Le Royaume Uni aurait plus à craindre de la poussée inflationniste qui pointe son nez que de la chute actuelle des prix. C’est ce qu’il est ressorti hier de l’interview de Mme Catherine Mathieu – économiste spécialiste du Royaume Uni à l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) – par le magasine économique Capital.

 
Selon Mme Mathieu, le risque d’éclatement de la bulle immobilière est palpable. Le Royaume Uni fait partie de ces pays qui sont le plus frappés par la crise immobilière internationale. Or, si la bulle a déjà éclaté aux Etats-Unis, faisant de nombreux dégâts à l’échelle de l’économie, au Royaume Uni il semblerait que l’éclatement soit plus long à se déclencher et ce, même si la bulle est alimentée depuis une dizaine d’année déjà. Il s’agit plus d’un « dégonflement à petite vitesse » que d’un éclatement brutal, a précisé Mme Mathieu qui considère que l’économie britannique sera assez forte pour combattre le choc immobilier. Selon elle, les prix de l’immobilier n’auraient baissé que de 4% en un an.
 
La force des britanniques réside dans le fait qu’ils optent plus souvent pour la location que l’achat immobilier. Résultat, le volume de constructions immobilières a peu varié ces dernières années et donc, le marché est bien loin d’être saturé. De cela, Mme Mathieu conclut que les prix ne s’écrouleront pas autant qu’aux Etats-Unis, la baisse estimée étant plafonnée à 10% d’ici à deux ans.
 
En outre, l’économiste de l’OFCE a attesté que l’immobilier n’était pas à un moteur de croissance économique à lui seul outre Atlantique dans la mesure où il représente seulement 3% du PIB britannique contrairement aux 10% du PIB espagnol. Du coup, le resserrement des conditions de crédit des banques n’a pas eu d’effets notoires : la consommation des ménages progresse toujours au rythme de 2,5% annuel, grâce aux augmentations de salaires et aux multiples créations d’emplois. Cela mène l’économiste à affirmer que le Royaume Uni ne sera affecté que de manière limitée par la crise immobilière car la croissance économique de 2008 devrait tout de même atteindre les 2%.

La crise immobilière aura même des bienfaits pour l’économie britannique qui souffrait de la forte augmentation des taux d’emprunt depuis dix ans. Par contre, le Royaume Uni craint une poussée inflationniste car la dépréciation actuelle de la livre sterling face à l’euro avantagera les exportateurs britanniques, mais alourdira beaucoup plus les importations, ce qui pourrait créer une puissante tension sur les prix. Comme les tarifs des produits industriels augmentent quatre fois plus rapidement qu’il y a un an, le risque pour le Royaume Uni est qu’il se retrouve contraint d’augmenter les taux d’intérêt, ce qui accélèrerait inéluctablement l’éclatement de la bulle immobilière, surchargerait les mensualités d’emprunt des ménages déjà endettés et donc ralentirait la consommation des ménages. L’effet à court terme serait la baisse de la croissance économique alors réduite à 1%, en dessous de celle de la France.

L’équation maintien de l’inflation / enrayement de la crise immobilière est donc complexe pour le Royaume Uni. Les hauts responsables réfléchissent sérieusement aux solutions à apporter pour éviter que l’inflation ne s’enflamme. Mais les dangers d’une inflation dévastatrice sont grands.


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