Actualité du marché immobilier

Immobilier : krach en perspective

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L’annonce du dépôt de bilan du puissant groupe immobilier espagnol Martinsa-Fadesa a suscité bon nombre de réactions de la part des ménages espagnols, français ou encore britanniques. Leur crainte est simple : certains d’entre eux ont signé un contrat de construction avec un promoteur immobilier. Ils se sont engagés auprès d’une banque pour financer leur crédit et ils craignent que la crise actuelle de l’immobilier les empêche d’être livrés de leur bien.

Ce mois-ci n’a pas tellement estompé les inquiétudes des ménages européens : le Royaume Uni ne cesse s’enfoncer dans la crise. Les prévisions estiment que les prix chuteront de plus de 30% en un an. La récente affaire de mise sous tutelle par le gouvernement américain de la banque californienne ainsi que la demande de cessation de paiement du groupe espagnol Martinsa-Fadesa amplifie les craintes et les interrogations des experts et des ménages. Le conseil d’administration de Martinsa-Fadesa affirmait dans son communiqué que cette décision a été prise pour « éviter une aggravation de la crise qui pourrait devenir irréversible et avoir de graves répercussions sur ses créanciers et sur l'intérêt de tous ses actionnaires ». Le montant que le groupe n’a pas pu honorer s’élève à 150 millions d’euros. Une somme colossale.

La bulle immobilière espagnole n’a cessé de grossir au cours des dix dernières années. Avec la demande toujours plus grande de logements et les taux des prêts immobiliers très bas, la bulle ne pouvait avoir d’autre issue que d’éclater. Dès lors, le marché espagnol constate tristement la chute des ventes et l’aggravation des stocks de logements en vente. Les banques prêtent désormais sur des durées plus longues pour se prémunir contre d’éventuels risques de défaut de paiement. Mais les ménages ne souhaitent plus s’engager sur 40 ans, d’où un fort recul du nombre de candidats à l’achat.

La faillite du géant espagnol est loin d’être anodine pour le marché français ou européen : en effet, le groupe était doté d’un actif foncier de 28 millions de m² répartis dans une quinzaine de pays dont la France. Selon les toutes dernières informations, environ 12 500 ménages européens seraient touchés par l’effondrement du groupe espagnol dans la mesure où le groupe devait leur livrer un logement. Le risque pour ces ménages est de ne pas pouvoir recouvrer les avances qu’ils ont versées au constructeur. Mais ce n’est pas le seul : l’avancement du chantier va être bien plus long que prévu et les primo-accédants ne pourront pas bénéficier de leur logement dans les délais convenus. En France, une vingtaine de projets de construction du groupe espagnol sont toujours en cours dont des projets de constructions de logements sociaux, de commerces et de bureaux. La filiale française a rassurée les ménages français en rappelant qu’elle était autonome de la société mère et qu’elle disposait de fonds suffisants pour continuer son activité normalement.

Malgré tout, l’ensemble des professionnels du secteur immobilier et des particuliers s’inquiètent de la dégringolade du marché français.

Anne Chartier