Actualité du marché immobilier

Immobilier Espagne : une première victime de la crise immobilière

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En Espagne, la crise immobilière est toujours d’actualité. Le marché perd de la vitesse : les prix des biens immobiliers sont en baisse de 0,1% par rapport au premier trimestre selon la dernière publication du ministère du logement espagnol. En base annuelle, l’augmentation des prix atteint 2,4%, ce qui est bien loin des 10% constatés au cours des dix dernières années. Mais en termes réels – c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation – les prix des logements ont en fait reculé au cours des neufs derniers mois. Il s’agit d’une première depuis le début de l’explosion du secteur immobilier à la fin des années 90.
 
Parallèlement à cela, on a appris dans la nuit de lundi à mardi la cessation de paiement du promoteur immobilier Martinsa-Fadesa, première victime de la crise immobilière qui frappe l’Espagne depuis quelques mois déjà. Selon un communiqué donné par l’organe dirigeant, le groupe n’a pas obtenu le prêt de 150 millions d’euros qu’il avait demandé. Résultat, le conseil d’administration a sollicité la demande de cessation de paiement pour « éviter une aggravation de la crise qui pourrait devenir irréversible et avoir de graves répercussions sur ses créanciers et sur l'intérêt de tous ses actionnaires».

Cette information marque une nouvelle phase pour le marché immobilier espagnol, qui n’avait pas encore connu de mise sous couverture de la loi depuis le début de la crise financière et immobilière mondiale. Il y a quelques semaines, le groupe espagnol Colonial avait lui aussi fait face à de graves difficultés mais avait eu la chance d’être mis sous le contrôle de ses banques créancières. Le groupe Martinsa-Fadesa n’a pas suivi la même voie que son concurrent : il est aujourd’hui dans une impasse, constatant un manque de trésorerie important. Malgré un patrimoine de plus de dix milliards d’euros, il n’a pas réussi à convaincre les organismes prêteurs.

Après une décennie de pleine croissance, entretenue par les faibles taux d'intérêts, la bulle immobilière espagnole a explosé. Le marché enregistre amèrement un effondrement des ventes, une forte augmentation du volume de stocks de logements vides et des promoteurs qui ne trouvent plus d’acheteurs aux logements mis en construction.

Anne Chartier