Actualité du marché immobilier

Crise immobilière en espagne : de nouvelles analyses contredisent la thèse du krach immobilier

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Depuis quelques semaines, les médias publient de nombreux articles sur la crise immobilière terrible qui affecte le marché espagnol. Or, ce matin, une contre information est venue bousculer l’idée selon laquelle la crise du secteur immobilier est d’une gravité importante chez nos voisins limitrophes. Dans cette cacophonie sans nom, il est difficile pour le lecteur de se faire une idée juste de ce qui se passe réellement de l’autre côté de nos frontières.

Revenons alors sur la nouvelle thèse soutenue par certains professionnels du secteur immobilier quant à la situation espagnole.

Il ne fait aucun doute que l’Espagne a été l’un des premiers états d’Europe Continentale à être puni par la crise du marché immobilier en provenance des Etats-Unis. Cependant, il n’est plus aussi évident d’affirmer – comme certains analystes le faisaient il y a quelques semaines – que le marché subira des corrections « sévères et douloureuses » en Espagne. En effet, les prix seraient toujours orientés à la hausse, ce qui rend improbable l’imminence d’un krach immobilier. Seul un ralentissement des prix des logements a été relevé. En aucun cas, il n’a été fait état d’une baisse des tarifs. Alors peut-on parler réellement de crise dans un contexte de temporisation du secteur ?

La réponse à cette question est non. D’après les dernières statistiques publiées par le ministère du logement espagnol, l’acquisition d’un bien immobilier coûte aujourd’hui 4% plus cher qu’il y a un an. Certes, le secteur immobilier espagnol a connu des périodes de croissance exceptionnelles au cours des dix dernières années (8 à 10% annuel). Le secteur de la construction et de l’immobilier était même le principal moteur de dynamisme économique du pays. Pour autant, un ralentissement de la hausse des prix n’est pas forcément synonyme de retournement brutal. Par contre, il est tout à fait envisageable de parler de crise du logement pour désigner la période des années fastes, en invoquant le fait que le secteur de la construction et de l’immobilier a littéralement explosé pour répondre à un besoin majeur de logements faisant cruellement défaut.

En outre, l’Espagne connaît actuellement une augmentation du niveau général des prix de plus de 4%. Or, la hausse des prix de l’immobilier a été de 4% sur les douze derniers mois. Cette évolution a suffit à certains analystes pour justifier la baisse des prix, donc le fléchissement sectoriel. A tord, visiblement. Car l’inflation a été fortement induite par la hausse des produits énergétiques (pétrole) et alimentaires.

Dans ce contexte, on peut donc considérer que le marché immobilier espagnol résiste convenablement à la crise internationale. La poussée inflationniste a agi en trompe l'œil sur l'évolution des prix de l'immobilier. Les experts admettent tout de même que le marché est quelques peu morose, mais se refusent à parler de crise.

Anne Chartier