Actualité du marché immobilier

Marché immobilier en Europe : une baisse annoncée de 10%

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Les professionnels de l'immobilier déchantaient ce matin, après l'annonce d'une baisse généralisée de 10 à 15% du marché dans toute l'Europe. Cette information provient d'un cabinet britannique spécialisé dans l'étude des tendances affectant le marché immobilier qui, après de multiples analyses, prévoit que le prix des bâtiments commerciaux entamera une chute allant jusqu'à 15%, que ce soit en Europe continentale ou au Royaume Uni.
 
Une période de crise serait donc à prévoir dans les prochains mois. Les experts français de l'immobilier semblaient pourtant affirmer il y a quelques semaines que le marché français serait plus ou moins protégé de la crise du crédit. Vraisemblablement, leurs confrères britanniques n'envisagent pas le même scénario. La correction envisagée affecterait principalement l'immobilier commercial, dont l'état de santé est d'ores et déjà amputé en Grande Bretagne par la crise du crédit immobilier qui sévit depuis quelques mois.
 
Hier, la responsable du pôle recherche du bureau londonien CB Richard Ellis était interrogée à Genève sur le sujet et a averti les professionnels du secteur que «la raréfaction du crédit ferait aussi sentir ses effets» sur l'immobilier commercial. Elle a d'ailleurs précisé que cette crise se caractériserait par une baisse évaluée à 10% voire 15% par rapport à la dernière étude menée en septembre 2007. De plus, elle semble attester que cette baisse a déjà été largement enclenchée (30% de la baisse totale prévue) au cours des six derniers mois.
 
Pourtant - n'en déplaise à d'autres analystes - cette étude met en avant le fait ce recul ne serait pas du à la crise immobilière qui paralyse actuellement l'économie britannique dans la mesure où la valeur de l'immobilier commercial aurait déjà subi une baisse de 15% en un an, avant même que la crise américaine ne s'exporte en Europe.
 
Selon les analystes de ce cabinet britannique, cette tendance généralisée serait due à un recours systématique et excessif du crédit immobilier pour financer l'investissement consenti. La flambée des prix constitue le deuxième argument avancé pour justifier de ces prévisions. Enfin, la titrisation des créances (à l'origine de la crise des subprimes américaine) a stimulé artificiellement le marché immobilier. Résultat, les ménages sont contraints de céder leurs biens à des prix affreusement bas. Le cercle vicieux est alors engagé, et la chute des prix ne cesse de s'aggraver. Les baisses d'activités des banques d'affaires accentuent cette crise financière et immobilière internationales.
 
Seule la Suisse serait épargnée par ce retournement brutal de marché dont l'élément déclencheur n'est autre que la crise américaine du crédit. Les raisons à cela sont que l'activité financière n'est pas le seul moteur de l'économie suisse, contrairement à d'autres pays européens. En effet, l'activité la plus importante chez nos voisins est la gestion de portefeuille d'actifs des familles les plus fortunées. Ainsi, la croissance économique sera peu affectée par la crise immobilière. En outre, l'attrait de la capitale européenne des droits de l'homme produit toujours ses effets en matière économique puisque le manque de disponibilités des bureaux commerciaux et la demande toujours aussi forte contribuent à faire augmenter les prix, ce qui soutient le marché dans une certaine proportion.
 
Les professionnels français du marché immobilier refusent toujours de croire à la crédibilité de ce scénario économique, affirmant que la France dispose d'atouts économiques et fiscaux pour se mettre à l'abri de la crise. Encore une fois, les analyses des experts témoignent de profondes divergences d'opinion.

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