Actualité du marché immobilier
Immobilier : la Grande Bretagne craint le krach
Ecrit par Anne Chartier mercredi, 09 avril 2008 09:39
En Grande Bretagne, le marché de l'immobilier fait l'objet de multiples craintes à l'heure actuelle. Il semble en effet que la conjoncture favorise un retournement sérieux du secteur : les conditions d'accès à l'emprunt se sont fortement renforcées et par voie de conséquence, les ménages ont de plus en plus de difficultés pour emprunter à des conditions abordables. La crise financière qui affecte terriblement le pays fait craindre un fléchissement important du secteur immobilier à tous les professionnels.Depuis un quinzaine d'années, le prix moyen des logements a été multiplié par trois. D'après le rapport du groupe immobilier Nationwide, un ménage britannique doit désormais s'acquitter d'une somme astronomique de 230 000 euros en moyenne pour accéder à la propriété d'un bien immobilier (contre 65 000 euros au milieu des années 90). Il s'agit là d'un constat tout à fait alarmant, qui témoigne du désarroi auquel se retrouvent confrontés les britanniques lorsqu'ils envisagent de concrétiser leur projet d'acquisition immobilière.
Par ailleurs, le scandale de la banque Northern Rock qui a prodigieusement chuté n'a pas facilité la reprise de confiance de la population qui constate amèrement que l'accès au crédit se raréfie. La crise des subprimes aux Etats-Unis le démontre. Cette crise financière a marqué le retour à la hausse des coûts de financements des banques en Grande Bretagne, qui ont reporté cela sur les emprunteurs en resserrant les conditions du crédit immobilier. Malheureusement, ceci est venu encore une fois amputer le pouvoir d'achat des ménages. Les taux d'intérêt reprennent un mouvement haussier, ce qui contribue là encore à démotiver les investisseurs dans leur projet d'accession à la propriété.
Ce phénomène de renchérissement du crédit touche tous type d'emprunteur dans la mesure où les prêts sont en grande partie contractés à des taux variables en Grande Bretagne.
Les analyses du leader de la notation financière Standard & Poor's la semaine dernière sont venues confirmer cette inquiétude grandissante. Leurs experts tablent en effet sur un retournement brutal du marché immobilier britannique qui fera l'objet de «corrections sévères et douloureuses». Le Fonds Monétaire International est d'ailleurs venu appuyer ces propos en arguant que les prix pratiqués sur le marché immobilier étaient gonflés de 30%. Une surévaluation telle qu'elle place la Grande Bretagne dans une position très fragile pour faire face à la crise du crédit.
Les prévisions de croissance économiques ont logiquement été revues à la baisse pour l'année 2008 : les analystes envisagent une croissance d'à peine 2%. L'horizon est donc sombre pour la Grande Bretagne.
Le retournement serait d'ailleurs déjà engagé, puisque la baisse des prix enregistrée en mars (-2,5% par rapport au mois précédent) est désignée comme étant la plus importante depuis le début des années 90, période caractérisant une sérieuse dérive économique, pour ne pas dire récession. La baisse avait déjà été initiée en septembre 2007, mais c'est surtout depuis le début de l'année 2008 que le krach se précise.
La Grande Bretagne se retrouve ainsi confronté à une crise grave du secteur immobilier. La solution aux yeux du Royal Institution of Chartered Surveyors réside dans la baisse des taux d'intérêt car sans elle, le secteur immobilier ne bénéficiera d'aucun soutien. Le risque est à son paroxysme, obligeant désormais la Banque d'Angleterre à un "assouplissement du loyer de l'argent".
Anne Chartier


