Actualité du marché immobilier

Espagne : crise immobilière, chute de croissance : des prévisions inquiétantes

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Après dix années de dynamisme économique, la croissance espagnole commence à s’essouffler sérieusement et ce retournement brutal semble inquiéter le pays. Les informations diffusées dans les médias ont récemment été porteuses de mauvaises nouvelles : après avoir plafonné à 3,7% pendant dix ans – au dessus de la moyenne de la zone Euro à 2,1% - les prévisions de la croissance économique sont plutôt alarmantes.

 
Dans une interview menée par le journal espagnol El Pais, l’ancien président de la réserve fédérale américaine Alan Greenspan a affirmé que la crise qui s’annonce en Espagne sera dramatique pour le pays et aura des conséquences plus désastreuses que celles qui paralysent d’ores et déjà les Etats-Unis. Par ces mots, Alan Greenspan a tenté de relativiser l’ampleur de la crise aux USA en s’appuyant sur le fait que l’Espagne était plus fragile que les Etats-Unis pour faire face à la crise immobilière. Il a d’ailleurs renchéri son discours en affirmant que « la bulle de l’immobilier en Espagne a été plus importante que dans la plupart des autres pays européens et de plus grande ampleur qu’aux Etats-Unis ».

Mais revenons sur les raisons de cette crise prononcée en Espagne.
 
Au cours de la dernière décennie, la croissance économique espagnole a été grandement portée par les bons résultats du secteur de l’immobilier et de la construction. Avec un taux de progression de plus de 5% par an, la construction a permis à l’économie toute entière de relever la tête et d’afficher de bonnes perspectives pour l’avenir. En 2007, 800 000 logements ont été créés, ce qui était largement supérieur au volume de construction de la majorité des pays d’Europe Occidentale. En termes d’impact sur le produit intérieur brut, la banque d’Espagne estimait que ces dernières années, le secteur de la construction contribuait au PIB à hauteur de 12%, sans compter que ce marché générait bon nombre d’emplois en Espagne. Il est donc évident que l’immobilier a été le moteur principal de la croissance économique espagnole dans sa période faste.

Toutefois, les professionnels du marché de l’immobilier estiment désormais que cette croissance exceptionnelle est elle-même à l’origine du krach actuel. Le coût de construction ou d’acquisition d’un logement a été multiplié par trois en 10 ans. En d’autres termes, le marché immobilier a fait l’objet d’une spéculation soutenue en Espagne, et celle-ci explique la flambée des prix dans la mesure où la variation du taux d’emprunt n’a été que minime. Or, aujourd’hui, le marché de l’immobilier tout comme celui de la construction fait grise mine. La crise du crédit qui a frappé les Etats-Unis s’est exportée en Europe. L’Espagne, fort de sa croissance, n’a pourtant pas résisté à la crise comme elle le souhaitait.

Les prix de l’immobilier chutent désormais, et l’on y voit là tout un secteur qui est pénalisé. La Banque d’Espagne table dorénavant sur des prévisions de croissance économique de l’ordre de 2,4% pour l’année 2008, prévisions qui seront sans doute revues à la baisse pour l’année 2009 (2,1%). Un niveau plancher jamais atteint depuis quinze ans.

Autre fait inquiétant, le taux de chômage remonte dangereusement. Le nouveau gouvernement socialiste espagnol a donc du pain sur la planche d’autant que s’il veut tenir ses promesses, il devra résoudre la crise du marché immobilier et de l’économie en générale, tout en gardant à l’idée qu’il a été élu pour son programme de campagne qui promettait la suppression de l’impôt sur la fortune, la création de centaines de milliers de places en crèches publiques, ainsi que la restitution sous forme de chèque de 400 euros de la moitié de l'excédent budgétaire de 2007.

Le retournement du marché de l’immobilier est véritablement à l’origine de la crise en Espagne. C’est toute une économie qui souffre désormais : entreprises et ménages dont le pouvoir d’achat dégringole sérieusement. L’heure a donc sonné pour l’équipe au pouvoir de trouver des solutions drastiques pour enrayer le coup de froid ainsi porté au pays. Le bout du tunnel est loin d’être atteint pour nos voisins limitrophes.