Actualité du marché immobilier
Immobilier France : gros ralentissement de l’immobilier commercial
Ecrit par Anne Chartier mercredi, 17 septembre 2008 09:25
Alors que l’immobilier résidentiel plonge dans une spirale baissière, c’est au tour de l’immobilier de bureaux d’être absorbé par la crise financière. En effet, le volume d’investissements en matière d’immobilier d'entreprise s’est effondré de 54% depuis le début de l’année 2008 par rapport à ce qui prévalait en 2007. Du coup, le montant total d'investissements est passé sous la barre des 10 milliards d’euros, atteignant péniblement les 8,4 milliards d’euros. Certaines régions sont plus touchées que d’autres, à l’image de l’Ile de France où la baisse s’élève à 60%.Selon les dernières statistiques publiées par CB Richard Ellis – groupe américain spécialisé dans le conseil en immobilier d’entreprise – le volume d’investissements en fin d’année devrait atteindre environ 12 milliards d’euros. Visiblement, une opération sur deux réalisées au cours des six premiers mois de l’année serait due à des arbitrages d’investisseurs. On enregistre dès lors seulement onze grosses opérations engageant plus de 100 millions d’euros contre 46 en 2007. Cela montre bien à quel point la baisse est dramatique.
En outre, les transactions ne sont pas les seules à s'être écroulées : les prix aussi ont baissé. Selon CB Richard Ellis, les acheteurs/investisseurs guettent l’évolution des prix et préfèrent attendre avant d’acheter car tous les analystes semblent affirmer que la baisse n’est pas encore terminée. Seuls quelques gros investisseurs concluent leur transaction sans regret : la banque Generali a par exemple vendu un de ses immeubles à l’investisseur allemand KanAm pour 115 millions d’euros en région parisienne. D’ailleurs, les fonds d’investissement allemands confirment leur intérêt pour la France dans la mesure où ils représentent 15% du volume total d’investisseurs. Le reste est notamment occupé par 44% d'institutionnels français, ce qui permet de combler les départs des anglais et américains du marché français.
En revanche, la baisse est moins sévère sur le marché de la location (-21 % en Ile de France) car le marché est toujours dynamisé par les entreprises en quête d’économies de coûts. Selon Denis Samuel-Lajeunesse – Président de Cushman & Wakefield (grande société privée d’immobilier) – « l'immobilier demeure une variable d'ajustement ». D’ailleurs, il a déjà enregistré 80 demandes supérieures à 4 000 m² d'ici à 2010. Les banques ont représenté 40 % de la demande placée au premier semestre. Mais certaines régions manquent cruellement d’immobilier à louer.
L’immobilier français est bien tourmenté en cette période de crise économique et financière. De nombreuses problématiques sont à solutionner : la baisse des prix, la pénurie de logements et de locaux d’entreprise. De quoi inquiéter toute la population, et faire baisser le niveau de consommation des ménages et des entreprises.
Anne Chartier


