Actualité du marché immobilier
Immobilier France : l’économie paye le lourd tribut de la crise immobilière
Ecrit par Anne Chartier mercredi, 03 septembre 2008 11:10
Face à l’accélération de la crise immobilière en France, la plupart des économistes tentent de mesurer l’incidence de celle-ci sur la bonne marche de l’économie et plus particulièrement sur la santé financière des entreprises. Or, le bilan semble s’assombrir. En effet, le nombre de défaillances d’entreprises est en forte progression, atteignant un niveau jamais atteint depuis dix ans.Selon Euler Hermes SFAC – filiale française du groupe Euler Hermes, leader mondial de l’assurance crédit – les difficultés des secteurs de la construction et de l’immobilier expliquent vraisemblablement que le volume de sociétés en procédure collective soit en augmentation. En effet, dans son rapport semestriel, Euler Hermes SFAC fait état d’une augmentation remarquable de la « sinistralité » des sociétés françaises dans la mesure où entre juin 2007 et juin 2008, quelques 53 640 cas de défaillances d’entreprises ont été relevés sur le territoire français, soit une progression annuelle de 9,2%. Or, depuis quelques années, le nombre de créations de sociétés avait sensiblement augmenté. Cela peut ainsi expliquer en partie la hausse du nombre de défaillances mais ce n’est pas l’unique raison. Car une augmentation du nombre de créations d’entreprises est généralement suivie par quelques dépôts de bilan de petites structures. Aujourd’hui, les défaillances touchent tous type d’entreprises : petite ou grande, « sans réelle distinction de taille » selon Euler Hermes SFAC qui poursuit en affirmant que ce phénomène est surtout « la conséquence mécanique de la dégradation conjoncturelle».
Or, la mauvaise santé de l’économie est actuellement le résultat d’une crise immobilière intense, accentuée par la baisse du pouvoir d’achat (revenus réels) des ménages mais également par la crise du bâtiment et la dégradation économique des partenaires européens. Les secteurs les plus affectés par le ralentissement économique sont le commerce de détail et la restauration où les dépôts de bilan ont progressé respectivement de 12,1% et de 19,7%. Mais cela reste bien loin du secteur immobilier et de la construction qui sont les grands perdants de la crise avec 28,1% et 25,3% de défaillances en plus en un an. Au premier semestre 2008, Euler Hermes SFAC a affirmé que « ces deux secteurs sont de loin les plus forts contributeurs à la progression de la sinistralité, car ils comptent à eux seuls pour 30 % de l’ensemble des défaillances».
Les prévisions pour la fin d’année sont plutôt pessimistes puisque les défaillances d’entreprises devraient se poursuivre en France d’autant que la croissance économique annuelle ne devrait pas dépasser les 1%. Au final, le volume de cessations d’entreprises pourrait atteindre les 15% en 2008. De quoi inquiéter les chefs d’entreprises et leurs salariés.
Anne Chartier


