Actualité du marché immobilier

Immobilier France : le marché dans l’impasse

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L’économie mondiale est frappée par un fort ralentissement de sa croissance. La crise des subprimes, à l’origine localisée aux Etats-Unis, a très vite contaminé le reste du monde et a conduit à l’effondrement des marchés immobiliers d’un grand nombre de pays : l’Espagne, l’Irlande et le Royaume Uni figurent parmi les grands perdants, mais il n’en reste pas moins que la France est en train de rejoindre ses voisins tant la crise s’amplifie depuis quelques semaines, certes avec retard.

Le marché immobilier français, déjà en baisse au premier trimestre, a poursuivi son fort ralentissement au deuxième trimestre, du fait du contexte international de crise et du resserrement des conditions d’attribution de prêt immobilier, les deux phénomènes entraînant une forte baisse des ventes. Les candidats à l’achat sont beaucoup plus regardants dans la mesure où ils ont plus de difficultés qu’avant pour obtenir un crédit et que par ailleurs, ce crédit leur coûte bien plus cher. Conséquence de cela, le marché se contracte sensiblement : les ventes ont diminué de 33,9% en un an (par comparaison avec le deuxième trimestre 2007) et les mises en vente ont elles aussi reculé, de 26,4%. En effet, sur le volume total de logements neufs proposés à la vente, 3,4% sont achevés, 45,2% sont en cours de construction et 51,4% ne sont qu’au stade de projet. Cela montre à quel point les promoteurs et constructeurs immobiliers se sont adaptés au marché dans la mesure où plus de la moitié des logements sont encore en projet. Il se peut que ces projets ne soient pas exécutés si la demande continue de baisser au même rythme. Cela évitera donc aux promoteurs de perdre beaucoup d’argent. Jean-François Gabilla, président de la Fédération des promoteurs constructeurs de France (FPC), constatait à ce propos que « la régulation de l’offre montre les efforts des promoteurs pour s’adapter au marché mais laisse entier le problème de la satisfaction des besoins quantitatifs de logements ».

Désormais, la crise du logement affecte aussi bien l’investissement immobilier à des fins personnelles de résidence principale que l’investissement locatif. Le volume de ventes pour 2008 est sans cesse revu à la baisse : les experts immobiliers prévoient 90 000 à 95 000 ventes de logements mais rien n’est moins sûr. Les mises en chantier vont sans doute pâtir de cette situation.

La Fédération des promoteurs constructeurs de France a formulé des idées de solutions pour redresser le marché immobilier français : la création d’un pass foncier dans l’habitat collectif, l’application d’un taux de TVA à 5,5 % dans les zones critiques du marché et l’intervention d’investisseurs privés dans le logement locatif social. Le gouvernement n’a pour l’instant pas émis de commentaires quant à ces propositions.

Anne Chartier