Actualité du marché immobilier
Immobilier France : le cercle vicieux s’amplifie
Ecrit par Anne Chartier jeudi, 28 août 2008 09:17
Les dernières statistiques du marché immobilier viennent de paraître pour le marché français. Visiblement, les mauvaises nouvelles sonnent à la porte des agents immobiliers et des constructeurs français puisque les ventes d’immobilier ancien comme neuf sont en net recul depuis trois mois. Pour preuve, le nombre de mises en chantier s’est écroulé de 11,8% entre mai et juillet 2008 (en rythme annuel). Pire encore, les ventes de logements neufs a diminué de 33,9% au cours des trois derniers mois, en base annuelle. Autrement dit, seulement 21 500 logements neufs ont été cédés en France au deuxième trimestre. L’heure est donc aux incertitudes, aux angoisses : on craint que le marché français prenne la même direction que ses voisins américains, anglais ou encore espagnols où la bulle immobilière a carrément éclaté, faisant de nombreux dégâts.Les experts qui jouaient sur les mots jusqu’à présent, s’accordent désormais à parler de crise pour qualifier la tendance actuelle du secteur immobilier français. Le ministère de l'Écologie et du Développement durable, à l’origine de ces statistiques, regrette que les ventes aient reculé partout en France, à l’exception de la Champagne-Ardenne. Dans certaines régions, la baisse des ventes a même atteint 50% à l’image du Midi-Pyrénées ou encore de la Lorraine.
Selon le service d'observation des statistiques du ministère (SOeS), « l'encours de logements neufs disponibles continue à progresser ». Le stock s’élevait à 110 500 logements à la fin du premier semestre, un chiffre record. Par ailleurs, le délai moyen d'écoulement a doublé en un an passant de 7 mois et demi à 14 mois pour les logements collectifs, et de 8 mois et demi à 15 mois pour les logements individuels.
Alexandre Mirlicourtois, analyste au cabinet Xerfi, affirmait hier que, comme on dispose « d’un marché de l'ancien en panne, c'est bien l'ensemble des clignotants immobiliers qui ont viré au rouge. Cela fait maintenant plusieurs trimestres que les professionnels signalent la faiblesse de la demande et font état d'un net ralentissement des prix et de la montée des difficultés financières des candidats à l'accession. Cette clairvoyance leur a permis de s'ajuster ». Par cette dernière phrase, l’analyste du cabinet Xerfi fait référence à la baisse du volume de mises en vente au deuxième trimestre. Dans la mesure où la baisse de 3,7% du prix moyen au m² est cohérente avec l’évolution de l’inflation, Alexandre Mirlicourtois ne voit pas dans cette tendance du marché une situation dramatique. D’ailleurs, il l’exprime très clairement de la manière suivante : « le scénario noir du début des années 1990 marqué par une explosion des stocks jusqu'à 18 mois en moyenne en 1992 et l'effondrement des prix n'est pas d'actualité ».
L’état de santé du secteur immobilier est sincèrement alarmant, notamment parce qu’il est pourvoyeur d’emploi. La conjoncture française est donc mise à rude épreuve car un krach immobilier contribuerait à faire remonter le chômage à court terme et conduirait à une chute de la consommation des ménages et de leurs projets d’acquisition immobilière. Le secteur est donc plongé dans un cercle vicieux dangereux.
Anne Chartier


