Actualité du marché immobilier
Immobilier France : des prévisions inquiétantes pour le marché
Ecrit par Anne Chartier jeudi, 21 août 2008 09:49
A l’approche de la rentrée, les prévisions se multiplient pour le marché immobilier. C’est au tour de la Société Générale de formuler ses anticipations et elles sont loin d’être réjouissantes. Alors que les marchés immobiliers européens font toujours l’objet de fortes tensions, les experts prédisent de sévères sanctions pour les mois à venir.Selon toute vraisemblance, les prix de l’immobilier devraient encore reculer. Il est envisagé des baisses allant de 10 à 25% d’ici à 2010 en France. Directement impactés par le mauvais état de santé de l’immobilier américain, les pays européens peinent à renouer avec la croissance de leurs marchés respectifs. Les dernières nouvelles provenant d’outre Atlantique viennent inquiéter davantage les marchés européens. Parmi les pays qui redoutent de sérieuses corrections, figurent notamment l’Espagne, le Royaume Uni, l'Irlande, l'Italie, la Scandinavie et la France.
Selon Véronique Riches-Flores, économiste à la Société Générale interviewé par AFP dimanche dernier, il existe « un contexte très nocif » en Europe. Dans le même temps, Standard and Poor's a établi un rapport fin juillet faisant état d’un bilan relativement mauvais de l’état de santé des marchés européens. D’ailleurs, le cabinet de notation regrette que les marchés américains et européens suivent à peu de choses près les mêmes trajectoires : « dans la majorité des pays européens, les marchés du logement ont vécu un spectaculaire boom ces huit dernières années, d'ampleur comparable à celui des Etats-Unis ».
Or, les mêmes causes ont les mêmes effets. Ainsi, les Etats-Unis comme l’Europe font face à une crise de grande ampleur dont les origines principales sont la surévaluation des prix, le fort endettement des ménages et le recours courant des emprunts à taux variables. Standard and Poor's s’attend donc à une « correction majeure » au Royaume Uni, « une crise longue et douloureuse » en Espagne et « un effondrement de la construction » en Irlande.
L’économiste de la Société Générale affirme quant à elle que les prix de l’immobilier pourraient chuter de 30% dans ces mêmes pays d’ici à fin 2009. En France, certes la solvabilité des ménages est bonne mais les candidats à l’achat peinent à concrétiser leurs projets au vue du resserrement des conditions d’obtention d’un prêt et de l’augmentation des prix des certains types de biens. Standard and Poor's estime que le marché français s’orientera vers une période de stabilisation. A l’opposé, les experts de la Société Générale parient plutôt sur un effondrement des prix de l’ordre de 25% en Province et de 10% à Paris. Enfin, d’autres estimations professionnelles tablent sur une baisse des prix de 10% d'ici à 2010. Dans tous les cas, la Province sera la grande perdante du marché français.
L’Allemagne est le seul état européen à ne pas subir les revers de la crise. La raison essentielle à cela est que le marché était morose bien avant le début de la crise du fait d'une démographie en berne et d'une offre nettement supérieure à la demande.
L’avenir semble donc bien sombre dans le paysage immobilier européen, à l’exception allemande près.
Anne Chartier


