Actualité du marché immobilier

Immobilier France : les perspectives à court terme

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. ImprimerEmail

Il y a une dizaine d’années en France et dans d‘autres régions du monde, le marché de l’immobilier résidentiel entamait une période de très forte ascension des prix, alimentant une bulle de plus en plus grosse. Aujourd’hui, à force de spéculation, nous assistons à un retournement de situation dans lequel les prix du marché immobilier sont en forte baisse.

Aux Etats-Unis, au Royaume Uni et en Espagne, le scénario est dramatique puisque la bulle a éclaté, faisant de nombreux dégâts économiques. En France, la baisse, bien que réelle, est moins prononcée. En revanche, la crise immobilière a crée un climat de méfiance obligeant les banques à renforcer leurs conditions d’attribution de prêt d’où une forte diminution des achats immobiliers.

Alors que le volume de transactions annuelles moyen s’élevait à quelques 800 000 actes de vente depuis l’année 2000, en 2008, il serait à peine à 780 000 transactions en base annuelle. Cette baisse est le fait que les conditions d’obtention de prêt plus difficiles découragent les candidats à l’achat ou bien encore que les acheteurs potentiels préfèrent attendre une nouvelle baisse avant d’acheter.

Selon Jacques Friggit, chargé de mission au Conseil Général de l’environnement et du développement durable, il a été établi que sur une longue période le prix des logements est en forte corrélation avec les revenus des ménages. En effet, sur la période 1965-2001, les prix immobiliers représentaient à chaque fois environ 10% d’un montant égal à 2,5 années de revenus par ménage. Puis, à partir de 2002 et jusqu’en 2007, l’évolution des prix est devenue « anormale » : le ratio de référence pour évaluer le prix d’un logement est passé à 4 années de revenus par ménage. Ainsi, il parait logique que les prix soient actuellement orientés à la baisse. Jacques Frigitt considère qu’il faudrait une baisse cumulée des prix de 35% sur six ans, pour que le marché renoue avec une certaine « normalité historique ». L’Observatoire au Logement de la Caisse d’Epargne a suivi le même cheminement pour établir les prévisions futures du marché immobilier. On devrait alors connaître une baisse annuelle des prix de l’ordre de 7% par an entre 2008 et 2012.

Autre scénario possible, la baisse des prix serait négligeable voire nulle en euros courants, du fait d’une inflation de 2% annuelle. Puis au bout de dix huit ans, l’évolution des prix renouerait avec le rythme historique prix / revenu par ménage du cycle 1965-2001.

Il est impossible de savoir avec certitude quel scénario se produira dans l’avenir. Toutefois, Jacques Frigitt estime qu’il y a 60% de chance pour que la baisse annuelle de 7% pendant 55 ans se réalise et 30% de chances pour que ce soit l’autre scénario qui se produise. L’évolution à court terme des prix du marché nous donnera des indices quant à la probable suite du marché.

Anne Chartier