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Immobilier France : les banques amplifient la crise immobilière

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Selon les dernières informations, les banques françaises auraient une responsabilité dans le retournement du marché immobilier français. Certes, la crise des subprimes a bouleversé de nombreux marchés immobiliers en provoquant leur ralentissement mais il n'en reste pas moins que les banques ont « envenimé » la situation en resserrant de façon drastique leurs conditions de prêts aux professionnels comme aux particuliers.

L'Observatoire du Crédit au Logement (CSA) indique dans un communiqué que les candidats à l'achat sont toujours présents malgré la crise qui opère sur le marché. En revanche, le nombre de candidats acceptés par les banques pour signer un contrat de prêt s'amenuise. Les banques ont décidé de réduire l'offre de prêt en durcissant les conditions d'obtention d'un crédit. Les banques seraient alors responsables de la chute fulgurante des ventes immobilières dans la mesure où bon nombre de candidats à l'achat se voient refuser un emprunt auprès d'une banque. Résultat, c'est tout le marché qui pâtit de la situation.

En volume, le recul du nombre de crédits immobiliers s'élève à 10,9% en France à l'issue des six premiers mois de l'année par rapport à la même période il y a un an. Au total, quelques 136 milliards d'euros ont été accordés sous forme de prêt au cours du premier semestre 2008, ce qui reflète une baisse de crédit de près de 12,5% pour un investissement dans de l'immobilier ancien et de 8,6% dans le neuf.

Le paradoxe est que le taux d'intérêt moyen a faiblement augmenté : il est aujourd'hui de 4,68% au deuxième trimestre 2008 contre 4,62% au quatrième trimestre 2007. Par ailleurs, la durée des emprunts est en baisse (en moyenne 18 ans et cinq mois). Quant à la proportion d'apport personnel, elle a tendance à augmenter légèrement. Elle représente désormais près d'un quart de l'investissement global. L'observatoire du crédit au logement considère que la capacité financière des emprunteurs est restée inchangée par rapport à ce qui prévalait début 2000 – c'est-à-dire avant le début de la flambée des prix. La demande n'aurait donc pas tant changé que cela. Par là, le CSA entend souligner le fait que c'est l'offre qui est en cause. Les banques sont confrontées au problème de refinancement de leurs activités de prêts. La crise du crédit aux Etats-Unis a fait perdre des sommes d'argent importantes à de nombreuses banques, y compris en France. De ce fait, elles sont beaucoup plus prudentes et méfiantes dans leurs offres de prêt mais également envers les autres banques. Elles prêtent moins d'argent ou bien à des conditions plus coûteuses.

Le phénomène de credit crunch crée une crise de liquidité sur le marché. Le CSA ne s'est pas prononcé sur la durée de cette crise mais il pense que les banques vont très certainement augmenter leurs taux d'intérêt, de manière à répercuter le coût du refinancement de leurs prêts dans celui du crédit. Il s'agit là d'une mauvaise nouvelle pour les ménages qui souhaitaient concrétiser leurs projets d'acquisition immobilière.

Anne Chartier