Actualité du marché immobilier

Immobilier France : fort recul des investissements d’entreprise

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A l’issue des six premiers mois de l’année, de nombreuses études font état du ralentissement des ventes de biens immobiliers en France comme à l’étranger. Atisreal – filiale du groupe BNP Paribas Immobilier – vient de publier sa dernière enquête portant sur l’état de santé de l’immobilier d’entreprise. Ses conclusions ne sont pas étonnantes : tout comme l’immobilier d’habitation, l’immobilier commercial subit lui aussi les effets néfastes de la crise internationale qui secoue tant les marchés financiers que les marchés immobiliers. A chaque fois, le phénomène de credit crunch (ou resserrement des conditions de crédit) est pointé du doigt.
 
 La première conséquence du credit crunch réside dans la chute importante du volume d’investissements immobiliers par les entreprises : au premier semestre 2008, le volume d’investissement a été divisé par deux par rapport au premier semestre 2007. On passe ainsi de plus de 15,7 milliards d’euros de placements immobiliers sur les six premiers mois de 2007 à seulement 8,1 milliards au 30 juin 2008. Le deuxième trimestre 2008 figure parmi les plus mauvais mois en termes d’investissements depuis 2005 avec quelques 3,2 milliards d’euros investis dans l’immobilier d’entreprise.

La région la plus touchée par ce recul des investissements est l’Ile de France, qui a enregistré une baisse de 60% des investissements en immobilier d’entreprise (en base annuelle) et de 40% sur le marché des entrepôts. Somme toute, il est à préciser que ce sont surtout les grosses transactions (d’un montant supérieur à 100 millions d’euros) qui sont les plus sensibles au resserrement du crédit dans la mesure où elles exigent un financement bien plus risqué pour la banque : elles subissent donc une chute de 67% en un an.

Hormis le ralentissement constaté par l’immobilier d’entreprise, le marché des entrepôts est lui aussi paralysé par la crise du crédit : le premier semestre 2008 s’est achevé sur une régression de 15% du volume d’investissements.

Parmi les principales raisons du ralentissement global de l’immobilier d’entreprise, Atisreal dénonce la hausse prononcée des taux d’intérêt, la limitation des montants de crédits octroyés par les banques ainsi que l’alourdissement de la part de fonds propres exigée par l’organisme de crédit par rapport aux dettes financières qu’il accorde. Atisreal déplore que « les acheteurs sont toujours présents sur le marché, mais sont désormais plus exigeants en termes de taux de rendement et d'emplacement et que de ce fait, leurs exigences bloquent pour l'instant celles de vendeurs ».

2008 sera vraisemblablement sous le coup d’une crise massive de l’immobilier dans la mesure où les conditions de financement resteront des freins à l’investissement.

Anne Chartier