Actualité du marché immobilier

Immobilier France : baisse des ventes, hausse des exigences des acquéreurs

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Le marché immobilier français rentre dans un nouveau cycle caractérisé par une baisse des prix mais également par une baisse des ventes. En effet, les stocks et les délais de cession des biens immobiliers n’en finissent plus d’augmenter. Il semblerait en fait que la baisse des prix ne suffise plus aux acquéreurs pour se lancer rapidement dans un projet d’investissement immobilier.
 
Les candidats à l’achat prêtent de plus en plus d’attention aux différents paramètres liés à l’acquisition et prennent donc plus de temps avant d’acheter. Or, certains vendeurs n’intègrent pas la baisse des prix et s’obstinent à vendre un bien surévalué. Ainsi, il ne trouve plus preneur pour leur bien immobilier, d’où des délais de vente rallongés. A Paris par exemple, les ventes ont chuté de presque 8% au premier trimestre 2008 et de près de 12,5% en avril et mai 2008 en moyenne par rapport à l’année dernière. Il semble donc que les acheteurs aient un pouvoir de négociation plus fort que les vendeurs dans ce contexte actuel de crise.

Sachant que la tendance est nettement à la baisse des prix en France, les vendeurs doivent désormais tenir compte de la baisse des prix dans la fixation de leur prix de vente. « Il faut que les vendeurs arrêtent de demander systématiquement 10% de plus que la valeur d’un bien » rétorquait M. Humbert, sénateur du Doubs qui considère que si les vendeurs s’entêtent dans cette position là, l’offre et la demande auront du mal à se rencontrer.

A l’heure actuelle, un bien immobilier doit recevoir en moyenne une quinzaine de visites avant qu’il ne soit cédé, contre cinq il y a à peine six mois. Les critères de sélection des acheteurs sont plus nombreux et plus difficilement remis en question. Résultat, les effets de seuils sont plus vite atteints. Cela signifie que l’on ne trouve plus preneur pour des biens immobiliers dépassant un certain prix psychologique. Cet effet de seuil pèse non seulement sur le prix de vente mais aussi sur l’offre : dans certaines régions (exemple en Ile de France), les logements familiaux sont rares. Dans d’autres, il devient impossible de vendre un appartement au-delà de 120 000 euros.

Autant dire que les vendeurs devront reconsidérer leurs offres en tenant compte de l’évolution actuelle du marché et du problème de financement immobilier (credit crunch), sans quoi ils se retrouveront avec un bien immobilier sur les bras. Un bien triste sort.

Anne Chartier