Actualité du marché immobilier
Immobilier France : une croissance timide pour le logement social
Ecrit par Anne Chartier mardi, 08 juillet 2008 11:00
Parmi les objectifs prônés par le gouvernement français lors de son accession au pouvoir en 2007, l’un d’entre eux concernait l’accélération de la construction de logements sociaux dans la cadre de la loi SRU (Solidarité et Territoire Urbain). L’objectif de Nicolas Sarkozy était de renouveler le territoire urbain et de développer la solidarité envers les foyers les plus démunis en répondant à la demande croissante de logements de la part de ces familles modestes. Toutefois, il semble que les 700 communes françaises concernées n’aient pas toutes rempli leurs objectifs, loin de là même. Seulement la moitié d’entre elles ont respecté ou dépassé le volume de constructions sociales qui leur était prescrit. C’est ce qu’a conclu Christine Boutin – ministre du logement – dans un communiqué de presse réalisé il y a quelques jours.Le bilan des constructions sociales est donc un peu décevant puisqu’environ 330 communes n’ont pas atteint leur objectif de construction fixé entre 2005 et 2007. Or, la loi SRU exige des communes excédant 3.500 habitants qu’elles construisent 20% de logements sociaux à défaut de quoi elles devront s’acquitter d’un prélèvement de 150 euros par logement manquant. Par ailleurs, elles doivent respecter rigoureusement le programme de construction qui leur est soumis de manière à combler le déficit de logements sociaux avant 2020.
Jusqu’à aujourd’hui, près de 93.000 nouveaux logements ont vu le jour et ont été financés dans le cadre de la loi SRU. Il est vrai que plusieurs centaines de communes n’ont pas respecté leurs prérogatives, mais il n’en demeure pas moins que le bilan triennal reste tout même positif selon Mme Boutin dans la mesure où le volume de logements créés a outrepassé le niveau requis (63.000). Ce bilan a été immédiatement critiqué par la Confédération Nationale du Logement qui rappelait à ce titre que ce chiffre restait nettement insuffisant « la loi existant depuis huit ans ». La confédération réclame ainsi des préfets une attitude plus ferme dans l’application de la loi.
La croissance de la construction des logements sociaux est donc réelle mais timide : certaines villes à l’image de Bordeaux ou Paris ont construit bien plus de logements que ce qui leur était demandé, mais d’autres jouent les mauvais élèves : la pénurie de terrains, le coût du foncier ou encore le recours de tiers sur les permis de construire expliquent que quelques régions de France soient en retard dans leur objectif de construction.
Anne Chartier


