Actualité du marché immobilier

Immobilier France : la crise se confirme

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Alors que le gouvernement vient d’annoncer une revalorisation du salaire minimum de 0,9%, le pouvoir d’achat des ménages reste en nette diminution du fait de la hausse de l’inflation au cours du mois de juin, des très faibles réévaluations des allocations familiales, du RMI et des retraites. L’économie française semble bel et bien plongée dans une récession, d’autant que la crise du marché immobilier persiste et s’aggrave.


Les promoteurs français s’inquiètent de plus en plus de la situation : les experts du secteur envisagent désormais une chute des transactions immobilières de l’ordre de 15 à 20% pour ce qui concerne les logements neufs. Un recul bien supérieur à ce que l’on prédisait il y a quelques mois. D’ailleurs, le premier trimestre est venu confirmer cela : en effet, les trois premiers mois de l’année se sont caractérisés par un nombre très important de désistements, ce qui a eu pour conséquence immédiate de freiner le volume de ventes. Les deux principales explications de cette tendance résident dans la perte de confiance des acheteurs et investisseurs dans le marché immobilier ainsi que la hausse effrénée des taux de crédit immobilier qui ont franchi la barre fatidique des 5% ce mois-ci, pour les prêts d’une durée de vingt ans ou plus. Seuls les emprunteurs disposant d’une situation financière solide verront leurs projets d’acquisition exaucés.

C’est dans ce contexte économique que nous avons vu se développer rapidement le nombre de ventes immobilières en viager. Une vente en viager permet en effet au propriétaire d’un bien de garder la jouissance de celui-ci tout en recevant une rente mensuelle à vie ainsi qu’une partie du montant cédé à l’acquéreur, au comptant. L’acheteur deviendra propriétaire du bien au décès de l’ancien propriétaire. Bien entendu, ce mode de cession immobilière convient surtout aux personnes d’un certain âge. Mais il est évident que cela leur permet d’avoir un complément de retraite à vie non négligeable. Les ventes en viager ont doublé en dix ans et cela s’explique principalement par l’augmentation du coût de la vie et donc par la baisse croissante du pouvoir d’achat.

Avec une inflation annuelle estimée à 3,2% en 2008, on voit mal comment le marché de l’immobilier va se rétablir, d’autant que l’INSEE table sur une croissance proche de 0 pour les six prochains mois et que les mesures fiscales engagées par le gouvernement ne suffiront pas pour compenser l’inflation et relancer la consommation des ménages.

Anne Chartier