Actualité du marché immobilier

Immobilier France : risque de krach, recul inquiétant du neuf

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Les dernières tendances du marché immobilier sont parues en début de semaine et témoignent d’un fort recul du marché de l’immobilier neuf en France au cours du premier trimestre 2008. La baisse des ventes enregistrée par les services de l’équipement du Ministère de l’Ecologie s’élève à 27,9% (en comparaison avec les chiffres du premier trimestre 2007) ce qui n’est pas sans inquiéter les professionnels de l’immobilier. Le niveau des stocks atteint des sommets (106 000 logements neufs en vente) car l’immobilier neuf ne trouve plus d’acquéreur.
 
Ce retournement brutal du marché a largement surpris les promoteurs immobiliers, qui avaient anticipé une baisse bien moins importante que celle annoncée par le ministère de l’écologie et de l’équipement mardi dernier. Visiblement, ce recul des ventes a touché la plupart des régions de France mais les plus fortes baisses ont été relevées en Lorraine (-68,4%), en Auvergne (-67,9%) et dans le Limousin (-64,8%). Dans la même lignée, les demandes de permis de construire ont chuté de près de 19% entre février et avril 2008.
 
Cette perte de vitesse du marché immobilier neuf s’explique en grande partie par le resserrement des conditions d’obtention de crédit immobilier : les banques ne prêtent plus aussi facilement qu’auparavant ce qui a pour conséquence de diminuer le nombre de prêts octroyés. En outre, pour limiter le risque de défaut de paiement, les organismes bancaires accordent des prêts de plus courte durée. Evidemment, qui dit durcissement des conditions d’accès au crédit immobilier dit diminution du nombre de projet d’acquisition immobilière et ainsi une forte élévation du niveau des stocks de logement en vente. Le délai d’écoulement d’une maison individuelle est passé de 8 mois à 11 mois en à peine un an. Cela montre à quel point il est plus difficile de trouver un acquéreur.
 
Quant à l’évolution des prix, il semble que les logements collectifs aient constaté une nouvelle hausse à l’issue du premier trimestre (+3,7%) alors que les prix des maisons individuelles étaient plutôt orientés à la baisse (-1,8%) : une maison se vend désormais à 245 000 euros en moyenne. Les experts immobiliers prévoient une baisse du nombre de transactions immobilières pour 2008 (-4,35%) mais n’envisagent pas forcément une chute des prix dans l’avenir car les nouvelles réglementations des maisons (thermiques notamment) et dispositions environnementales du Grenelle font augmenter le prix d’un logement neuf. La qualité des logements neufs s’est largement améliorée mais cela ne pouvait se faire sans une augmentation du coût de la construction.
 
Face à ce ralentissement du marché du neuf, les promoteurs immobiliers vont rassembler leurs forces pour diminuer le niveau des stocks de logements invendus. Le président de la Fédération des promoteurs constructeurs – Jean François Gabilla – affirmait dans une interview « qu'il faudrait 500000 nouveaux logements chaque année. Cela prouve qu'il y a bien une demande mais que les Français ne sont pas solvables pour la concrétiser. Nous attendons donc des mesures de la part du gouvernement pour les aider, notamment sur le pass foncier, la TVA à 5,5% ou l'extension des lois Robien-Borloo. Mais le vrai problème est celui du manque de terrains constructibles. Seuls les élus locaux peuvent y répondre en donnant davantage de permis de construire et en permettant de densifier les constructions. Aujourd'hui, seul 4% du territoire français est construit, auquel il faut ajouter 4% pour les routes et les aéroports. Il reste de la place! »

Les professionnels de l’immobilier se tournent désormais vers le gouvernement pour qu’il engage un certain nombre de mesures permettant de redynamiser le marché de l’immobilier français. Autant dire que le retour à la croissance prendra plus de temps que prévu.

Anne Chartier