Actualité du marché immobilier
Immobilier France : l'essoufflement du marché immobilier pèse sur l'activité bancaire
Ecrit par Anne Chartier vendredi, 16 mai 2008 12:53
Depuis le début de la crise des crédits hypothécaires aux Etats-Unis, les économistes et hauts responsables français décrétaient sans relâche que la France, grâce aux atouts dont elle dispose, ne devrait pas souffrir d'essoufflement du marché immobilier. Evidemment, cette promesse était difficile à tenir au vue du contexte de ralentissement économique mondial.Aujourd'hui, les choses ont évolué. Les experts et autres professionnels de l'immobilier ne peuvent plus se cacher derrière les chiffres. Force est de constater que la tendance est à la perte de vitesse du marché immobilier français, qu'il s'agisse de l'immobilier d'entreprise ou de l'immobilier de particulier.
Les plus grands groupes financiers tels que la Société Générale, le Crédit Agricole, les Banques Populaires ou bien les Caisses d'Epargne ont publiés leurs résultats trimestriels ces derniers jours. Vraisemblablement, toutes ont dû constater amèrement des pertes d'activités : les résultats sont en sensible régression à l'image du Crédit Agricole dont le résultat net a été divisé par trois, ou encore Natixis qui a perdu 88% de son bénéfice net. La facture est salée, comme on dit, car cette perte d'activités a constitué un manque à gagner énorme pour les organismes de crédit.
La conséquence directe de ces mauvais résultats est que les banques se trouvent obligés de resserrer les conditions de crédit pour conserver des marges confortables et continuer à être rentables. Pire, certains groupes vont réduire leurs effectifs mais aucune estimation ne circule encore sur le nombre d'emplois qui vont être détruits. Tout ça reste très confidentiel pour le moment. A priori, ce sont les branches d'investissement qui seront les plus touchées par cette vague de suppression de postes. Par ailleurs, des ventes d'actifs non stratégiques sont prévues par certaines banques dans le but de générer des liquidités supplémentaires.
Il apparaît clairement qu'aucun pays n'est à l'abri d'une crise immobilière et financière. Pas même la France. En revanche, certaines économies ont été bien plus paralysées que d'autres, comme c'est aux Etats-Unis : les banques américaines ont d'ores et déjà annoncé des milliers de licenciements. La France n'en est pas à ce stade, mais les experts ne savent toujours pas si les organismes bancaires l'envisagent sans pour autant l'étaler dans la presse ou si la prudence française a permis de sauver les banques d'une crise bien plus grave.
Anne Chartier


