Actualité du marché immobilier
Immobilier France : et si la crise frappait à notre porte ?
Ecrit par Anne Chartier mercredi, 30 avril 2008 15:22
Cette semaine, le gouvernement français a publié les chiffres du secteur de la construction. Il semblerait que la tendance soit à la morosité puisqu'à l'issue du premier trimestre 2008, les statistiques indiquent une nette diminution du nombre de mise en chantier et du nombre de permis de construire délivrés sur le sol français. Alors peut-on parler de crise immobilière en France ?Le ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables a évoqué une forte "contraction" du secteur de la construction pour caractériser l'état du marché français. Sur les trois premiers mois de l'année, le nombre de permis de construire demandés par les ménages français a chuté de plus de 15% en moyenne (soit près de 9% annuel) et ce, qu'ils s'agissent de logements individuels ou collectifs. En volume, cela représente environ 35 000 permis de construire en moins entre 2006 et 2007.
Il semble donc que le ralentissement du marché immobilier soit désormais engagé. A en croire l'union des constructeurs immobiliers, cette baisse n'aura pas d'impact immédiat, mais plutôt à moyen terme (d'ici à six mois) sur les mises en chantier.
Pourtant, cette tendance n'est pas encore généralisée en France. Certaines régions s'en sortent mieux que d'autres, notamment les régions Rhône-Alpes, Alsace et Nord Pas de Calais qui ont constaté une croissance du nombre de permis de construire accordés (+4,8% et +4% respectivement) et du nombre de mise en chantier. En revanche, dans d'autres zones géographiques, la construction subit de plein fouet la crise avec des pertes d'activités importantes : la Bourgogne constate amèrement une baisse de 23,7% tout comme la Haute Normandie avec une régression de 20,2%.
Sur l'ensemble de la France, le volume de mise en chantier s'est effondré de 10% à fin mars 2008, même si ce chiffre est à relativiser dans la mesure où en un an, cet indicateur demeure relativement stable. Malgré tout, les constructeurs immobiliers et autres cédants ont peine à trouver des acheteurs et ce recul serait lié à l'augmentation des taux d'intérêts de 1 voire 1,5 point en un an car cela a bien évidemment dissuadé les ménages français à s'engager dans un crédit immobilier de longue durée. Par ailleurs, l'immobilier neuf a vu ses prix flamber ces dernières années, ce qui n'a pas été sans handicaper les acheteurs dans l'accession à la propriété. Enfin, le coût de la construction est plus élevé qu'il y a un an, du fait de la très forte hausse du prix des matières premières utilisées dans la construction d'un logement et des nouvelles réglementations dans la détermination du coût de la construction et dans l'utilisation des matières.
Selon une enquête menée par la Banque de France et publiée ces jours-ci, le nombre de crédits immobiliers accordés a chuté de plus de 10,4% entre janvier et mars 2008. Les experts du secteur craignent que cela n'aille en s'aggravant au cours des prochains mois. Ces nouvelles informations viennent conforter l'idée selon laquelle la crise immobilière serait aux portes de la France, tout comme l'ont vécu ses voisins européens.
Anne Chartier


