Actualité du marché immobilier

Immobilier en France : des prévisions pas toujours réalistes

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Le marché immobilier français fait l'objet de multiples études de la part des différents acteurs du secteur dans le but de fournir l'analyse la plus actuelle possible aux investisseurs potentiels. Malgré la bonne volonté de ces professionnels, les français sont de plus en plus confus face au volume d'informations qui leur parviennent. En effet, les prévisions diffèrent les unes des autres et il est difficile pour l'acheteur lambda de se faire une idée précise de l'état du marché. Chacun des acteurs du marché immobilier procède à ses analyses en fonction des statistiques qu'il a obtenu et ces analyses sont souvent en décalage les unes des autres.

Pour preuve, le groupe Empruntis, spécialisé dans le crédit immobilier annonçait une hausse des prix de l'ordre de 2,5%, Explorimmo lui prévoyait plutôt une variation de +3,8% et le Crédit Foncier montait carrément jusqu'à +5%. Si l'on porte ces prévisions d'augmentation sur des biens immobilier de 200 000 euros les écarts globaux sont conséquents.

Le bilan de l'année 2007 n'est donc pas facilement palpable puisque les acteurs du marché ne s'accordent pas sur leurs analyses. Cela remet fortement en question la transparence du marché.

Revenons sur les explications de ces écarts. Tout d'abord, les groupes spécialisés ne recourent pas aux mêmes méthodes de calcul. Certains utilisent des moyennes calculées sur des régions géographiques diverses. Toutefois, ces calculs ne prennent pas en compte le facteur qualité. D'autres se focalisent davantage sur la qualité du logement pour évaluer la variation des prix immobiliers.

Par ailleurs, en ce qui concerne le délai moyen de transaction, un groupe comme la Fnaim se base sur les promesses de ventes alors que d'autres acteurs du marché, à l'image des notaires, prennent en considération les actes authentiques de vente signés chez le notaire.

Enfin, les échantillons sur lesquels se fondent les statistiques du marché divergent largement d'un acteur à l'autre du marché immobilier. Par exemple, pour l'année 2007, les notaires ont pris en considération quelques 500 mille transactions de ventes contre mois de 150 mille pour la Fnaim. Certains analyses sont ainsi biaisées car elles sont bâties sur des bases de données non représentatives du marché global. De plus, en fonction de la zone géographique où sont recueillies les informations, les tendances sont largement différentes.

Ces trois éléments de réponses expliquent en partie les décalages dans les prévisions des experts quant à l'évolution du marché immobilier.

Par voie de conséquence, les ménages français doutent de la fiabilité des informations offertes par les professionnels. Ils se détournent alors de plus en plus des prix au m² pour se concentrer davantage sur des critères qualitatifs car ce sont les seuls qui ne sont pas faussés par des analyses subjectives. Mais leurs souhaits sont sensiblement identiques : les français souhaiteraient davantage de transparence du marché.

Anne Chartier