Actualité du marché immobilier

Immobilier : influence du résultat des élections

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L’un des piliers de campagne des élections municipales de 2008 était l’immobilier. En effet, la question du logement reste délicate et suscite généralement des débats passionnés entre les candidats. Cela est d’autant plus vrai à l’heure où l’offre et la demande semblent évoluer en sens opposé. Au lendemain des résultats, nous souhaitions revenir sur la tendance globale des projets des candidats aux élections municipales en matière de logement.

 

En moyenne, les électeurs français estiment que l’immobilier se situe en troisième position des questions les plus urgentes à traiter (soit 15% des votes), les premières urgences résidant dans les problèmes des transports en commun (21%) et du développement du réseau routier (17%). Si l’immobilier préoccupe autant les candidats à la ville, c’est parce que la bulle immobilière ne cesse de gonfler et qu’elle laisse présager une crise inquiétante. Les premiers signes visibles de ce phénomène résident dans l’augmentation moins rapide des prix, la baisse du volume de logements neufs vendus et ce, malgré l’extrême nécessité qu’ont les français à se loger. Les candidats aux élections municipales s’accordaient tous sur le fait qu’il existe trop d’obstacles à l’accession d’un logement et qu’il est absolument nécessaire de mettre en place des mesures pour pallier ce problème crucial. Aussi, il n’est pas illogique de retrouver l’immobilier comme l’un des grands thèmes de développement futur des agglomérations françaises.

Parmi les solutions formulées en campagne, le parti des Verts proposait le développement d’habitats coopératifs, dans lesquels les ménages deviendraient propriétaires ou locataires, mais partageraient certaines parties du logement avec d’autres foyers. Concrètement, certaines pièces du bien immobilier telles que la chambre d’amis, ou encore la salle de détente seraient partagées par plusieurs ménages. Par ailleurs, les candidats d’autres mouvements politiques axaient leurs stratégies sur le développement de logements sociaux, qui constitue toujours un problème entier. Les candidats souhaitent en priorité poursuivre les constructions sociales déjà entamées, mais également ouvrir d’autres projets de constructions de logements sociaux pour dépasser le seuil actuel des 20%. Ces objectifs vont malheureusement devoir se confronter à la nouvelle hausse du taux du livret A (servant à financer la construction de logements sociaux), qui va sans aucun doute aboutir à la hausse du coût de la construction des terrains et ainsi ralentir la construction de logements sociaux. D’autant qu’il est très délicat d’accroître le prix des loyers, les logements sociaux étant réservés à des catégories socioprofessionnelles plus « démunies » que les autres.



Ces questions restent donc délicates, et nous verrons dans les prochains mois si les nouveaux élus répondront aux problématiques du logement, tout en respectant la loi LOV qui souhaite maintenir la mixité sociale dans les quartiers pour conserver l’équilibre de l’habitat. Cette loi a en effet a pour vocation « d’assurer à tous les habitants de la ville des conditions de vie et d’habitat favorisant la cohésion sociale et de nature à éviter ou à faire disparaître les phénomènes de ségrégation ».
Par ailleurs, la problématique du logement ne doit en aucun cas dissimuler celle de la compétitivité économique du territoire, qui façonne le visage urbain d’une ville et d’une agglomération.



Anne Chartier