Actualité du marché immobilier
Crise immobilière et financière : une aubaine pour les fonds d’investissement
Ecrit par Anne Chartier jeudi, 31 juillet 2008 14:07
Alors que la crise immobilière et financière sévit dans de nombreux pays industrialisés et conduisent à une récession économique importante, les fonds spéculatifs eux nagent en plein bonheur. En effet, les fonds d’investissement bénéficiant d’un capital phénoménal profitent de la crise pour racheter aux banques en forte perte une grande quantité d’actifs à des prix totalement dévalorisés.L’un des associés du fonds Blackstone affirmait que « quand les places financières se portent mal, comme c'est le cas actuellement, nous achetons. Les opportunités se présentent, à nous de les saisir ». Cela illustre bien le fait que les fonds d’investissement utilisent les dépréciations massives et liquidations d’actifs des banques mal menées par la crise des crédits immobiliers (« subprimes ») pour s’enrichir. Ça a notamment été le cas pour le fonds Kohlberg Kravis Roberts (KKR) qui a racheté des actifs de Merrill Lynch dévasté par la crise.
La crise a eu « l’avantage » pour les fonds d’investissement de modifier un peu leurs stratégies : en effet, plutôt que d’investir massivement dans des opérations financées par endettement, ils optent davantage pour des acquisitions plus modestes et donc plus nombreuses, financées par leurs fonds propres. Le fait que les opérations soient plus nombreuses leur permet de diversifier leurs activités en pénétrant par exemple le marché de l’immobilier et de la dette.
A l’heure où la crise immobilière frappe les établissements de crédit ayant beaucoup investi dans ce secteur et se retrouvent avec des pertes colossales, ils sont obligés de céder leurs actifs à prix cassés, ce qui n’est pas pour déplaire aux fonds. En avril dernier, Citigroup a du vendre des prêts aux fonds TPG, Blackstone et Appolo Management pour un montant de 12 milliards de dollars pour éliminer ses pertes. De même, il y a deux jours, le fonds américain Loan Star Funds a racheté une partie des titres complexes (CDO) adossée à des prêts immobiliers de Merrill Lynch pour à peine 22% de leur valeur nominale.
Comme quoi, il y a toujours des gagnants et des perdants à une crise.
Anne Chartier


