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Economie mondiale : l’Iran désinvestit ses fonds de l’Union Européenne
Ecrit par Anne Chartier mardi, 15 juillet 2008 19:59
Face aux menaces prononcées par l’Union Européenne, l’Iran, soupçonné de développer une activité nucléaire risquée, a décidé de désinvestir les fonds qu’il avait placés dans l’UE. Une décision soudaine qui ne manque pas de souligner les tensions diplomatiques qu’il existe entre les pays occidentaux et l’Iran.Ce communiqué de presse, issu de l’agence chinoise Xinhua, atteste que le Vice Ministre iranien des Affaires Etrangères – Mahdi Safari – aurait affirmé qu’il retirerait ses fonds de l’UE pour les réinvestir dans d’autres régions du monde, plus « amies » avec l’Iran. Cette annonce fait suite à de multiples menaces de la communauté internationale, dont l’UE et les US sont les « chefs de garde », face au développement d’armes de destruction massive en Iran. Mahdi Safari a poursuivi son discours en menaçant à son tour l’Union Européenne, qui serait confrontée à des graves problèmes de liquidité, si la décision de retirer ces 100 milliards de dollars était réellement effective. Or, si les banques européennes vont mal, c’est toute l’économie européenne et mondiale qui en subira les conséquences.
« L’UE subira des pertes si elle participe à des sanctions contre l’Iran car l’Iran a des ressources de gaz et de pétrole que tout le monde veut acheter » s’est exulté M. Safari. Par ailleurs, il a exposé le rapprochement actuel de l’Asie et de l’Iran dans leurs relations commerciales, en guise d’illustration de la zone géographique où pourraient être réinvestis les fonds auparavant dédiés à l’UE. En 2005, 2006 et 2007, les transactions commerciales de l’Iran avec l’Asie ont dépassé les 85 milliards de dollars, alors même que celles avec l’Occident ont été plafonnées à 60 milliards de dollars. Une volonté iranienne déjà bien réfléchie de « bouder » l’Union Européenne ces dernières années.
Malgré les menaces de l’Iran à l’encontre de l’Union Européenne, le conseil des ministres a renouvelé ses sanctions et les a même fait entrer en rigueur mardi dernier. Cela aura pour effet de geler les actifs des institutions financières de l’Iran et de prohiber les voyages des hauts experts engagés dans le programme nucléaire iranien.
L’Iran a fermement condamné ces décisions, même si elle laisse encore la possibilité à certains pays occidentaux – à l’image des Etats-Unis – de négocier avec l’Iran sur la problématique de « la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et d’une résolution de la question du nucléaire ».
Anne Chartier


