Actualité du marché immobilier

Jean-Claude Trichet responsable de l'inflation et du krach immobilier ?

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C'est en voulant être ferme contre les tensions inflationnistes, comme à son habitude, que Jean-Claude Trichet a fait explosé le baril de pétrole. En annonçant une prochaine hausse des taux directeurs, Trichet a mécaniquement fait apprécier l'euro face au dollar. Et voilà que l'euro s'échange contre plus de 1,58 dollars ce lundi. Conséquence de l'éfondrement de la monnaie américaine, le baril de pétrole s'envole, s'appréciant de plus de 10$ en une séance à Londres, à presque 140 dollars.

Et comme le marché du pétrole réagit plus vivement en ce moment que le marché des changes, les paliers franchis sont plus marqués, et la baisse du dollar ne compense plus la flambée étourdissante du baril.

Ainsi, Jean-Claude Trichet, respectant à la lettre sa mission unique de maintien de la stabilité des prix en voulant contrôler la masse monétaire par les taux directeurs, engendre sans le vouloir l'effet inverse : il incite les investisseurs à se désintéresser du dollar, dont la FED maintient des taux historiquement bas. Par un phénomène d'amplification largement aidé par des mouvements spéculatifs très intenses en ce moment sur le baril, le pétrole continue sa grimpée vertigineuse.

Et qui dit augmentation substantielle du pétrole, sans compensation suffisante par une baisse du dollar, dit mécaniquement hausse générale des prix...

La situation est critique car la BCE n'a qu'une marge de manoeuvre très faible.

En générant une inflation causée par la flambée du brut, cette augmentation programmée des taux risque d'avoir également des effets négatifs sur la croissance : baisse de l'investissement, crédit crunch... Tous les ingrédients pour une stagflation sont là (faible croissance + forte inflation).

Trichet est sans aucun doute dans une situation très difficile, mais son entêtement à refuser de baisser les taux suscite la colère de plus en plus de politiques et d'analystes. En effet, comme l'inflation est conjoncturellement générée par des facteurs autres que l'accroissement de la masse monétaire (crise des matières premières), on apprécierait que l'impasse dans laquelle se trouve la BCE à ne plus pouvoir contrôller l'inflation se compense par un coup de pouce à l'investissement, donc à la croissance.

Seule consolation, on peut toutefois remercier Jean-Claude Trichet, qui, en étant capable de faire exploser les prix du pétrole par une simple conférence de presse, met en évidence, bien malgré lui, la nécessité à laquelle l'humanité devra faire face tôt ou tard : apprendre à se passer définitivement du pétrole. Et c'est seulement avec un baril aussi haut que les investissements dans les énergies alternatives au pétrole deviendront rentables.

Autre effet de bord de l'entêtement de Trichet : les crédits immobiliers deviennent de plus en plus difficile à obtenir, les banques se méfient, et, crise des subprimes aidant, les acquéreurs sont attentistes. Les prix de l'immobilier prennent la direction d'une baisse - certains diront d'un krach - encore plus marquée, et l'on voit bien que ce n'est pas le moment de s'endetter sur 20 ou 30 ans pour acquérir de la pierre à prix d'or, alors que la santé économique est fébrile, la confiance des ménages au plus bas, et le risque de voir son investissement perdre de sa valeur de plus en plus perceptible par les ménages, enfin conscients que la pierre ne monte pas jusqu'au ciel.

Christophe Baillon