Actualité du marché immobilier
Immobilier ; L’érosion du pouvoir d’achat explique-t-elle la crise du crédit immobilier ?
Ecrit par Anne Chartier mardi, 20 mai 2008 13:30
Dans le contexte de crise économique qui berce nos économies, les banques deviennent plus prudentes et rigidifient les conditions d’accès au crédit. Elles jouent notamment sur les taux d’intérêt de manière à rendre le crédit plus cher car cela leur permet de procéder à une sélection des emprunteurs potentiels et donc de limiter le risque de défaut de paiement.Revenons alors sur la mécanique bancaire et plus particulièrement en période d’inflation. L’augmentation du niveau général des prix est à l’origine de l’érosion du pouvoir d’achat des ménages. C’est ce qu’il se passe actuellement en France et ailleurs. Les matières énergétiques (pétrole) et alimentaires sont les plus sujettes à l’inflation aujourd’hui. De nombreux économistes pensent que la flambée des prix qui caractérise certains biens de consommation courante explique la perte de vitesse du secteur immobilier. Les détenteurs de crédit se rendent compte aujourd’hui de la difficulté à concilier remboursement d’un emprunt et hausse des produits de première nécessité. Cette tendance se répand dans l’économie et dissuade les jeunes ménages à acheter un bien immobilier dans ce contexte d’inflation.
Si l’on observe ce qui s’est passé lors de la crise immobilière des années 90, on comprend que l’inflation a joué moteur : la spéculation immobilière était extrêmement intense, et l’inflation galopante. Avec la revalorisation des salaires, les ménages détenteurs d’un emprunt ont pu rembourser plus facilement leur mensualité. La situation était telle que de nombreux foyers ont décidé de se lancer dans l’acquisition d’un bien immobilier et d’en devenir propriétaire. Seulement dans le même temps, la valeur de l’immobilier avait terriblement chuté. L’inflation a commencé à être maîtrisée ce qui a provoqué un effondrement des prix : les propriétaires cherchaient le rendement immédiat à tout prix et en l’absence d’un tel rendement, ils mettaient immédiatement leur bien en vente. Résultat les banques ont fortement abaissé leurs taux d’intérêts. Le retour à la spéculation immobilière a été très rapide, et explique aujourd’hui l’envolée des prix des biens immobiliers.
La reprise de l’inflation fait aujourd’hui craindre ce genre de crise et d’instabilité économiques. La BCE observe sans cesse l’évolution du marché et se tient prête à tout moment à augmenter les taux pour maîtriser l’inflation, sa première priorité. Ceci explique la remontée des taux d’intérêts au cours des mois précédents, et la raréfaction du crédit (phénomène de credit crunch) qui devient de plus en plus cher. Les durées d’emprunt s’allongent (de 20 à 40 ans) et les taux fixes oscillent autour de 4,5% soit un point de plus qu’il y a à peine un an.
Désormais, les ménages attendent tous une majoration de leurs revenus, leur permettant de disposer d’une plus large marge de manœuvre dans leur vie quotidienne, les mensualités d’emprunt à taux fixe restant
inchangées.
La question est donc de savoir si le gouvernement engagera prochainement des mesures dans ce sens, de sorte à améliorer le pouvoir d’achat des ménages, comme cela avait été promis lors de la campagne présidentielle de 2007.
Anne Chartier


