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Economie : et si l'on se dirigeait vers une récession mondiale ?

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Les experts de l'Organisation des Nations Unies ont estimé à 1,8% les prévisions de croissance mondiale à fin 2008 lors de la réunion durant laquelle ils ont fait part de leurs projections économiques en cette fin de premier trimestre. Or, début Janvier, les estimations de croissance atteignaient quelques 3,4% annuel mondial.

Les corrections ainsi apportées témoignent de l'inquiétude des économistes quant à la perspective plus que probable d'une récession à dimension mondiale. D'autant que la croissance annuelle définitive a été de 3,8% en 2007. Le dynamisme économique de 2008 sera donc 52,6% inférieure à celui de l'année précédente. La crise immobilière a porté un coup fatal à la croissance économique mondial et force est de constater que cette morosité se poursuivra jusqu'en 2009 puisque les prévisions de l'ONU pour l'année prochaine sont estimées à 2,1% de croissance.

Selon le rapport "Situation et perspectives de l'économie mondiale 2008" ainsi publié, les raisons qui expliquent une telle paralysie économique tiennent aux crises des secteurs immobiliers et financiers qui se sont poursuivies au premier trimestre de l'année et qui devraient affecter ces marchés jusqu'à la mi 2009. La dégringolade des prix immobiliers, à laquelle se sont ajoutés l'effondrement de la valeur du dollar ainsi que la flambée des prix des matières énergétiques (pétrole notamment) sont à l'origine des maux économiques mondiaux : accroissement du chômage, baisse des investissements et de la consommation, etc.

Ces chiffres restent des prévisions, il n'est pas exclu que la croissance soit meilleure ou pire que 1,8% en milieu voire fin d'année mais ceci est exclusivement conditionné à l'évolution de la situation bancaire et immobilière américaine. Si aucune solution n'est apportée à la crise aux Etats-Unis et en Europe, elle pourrait avoir un impact plus important dans les économies en développement et il serait alors possible que la croissance mondiale frôle le néant (0,8%). A l'inverse, si le secteur immobilier et monétaire retrouvent leurs dynamismes outre atlantique, cela pourrait redonner le goût de consommer aux américains et la soif d'investir : évidemment cela permettrait de tirer l'ensemble de l'économie mondiale et à la croissance d'atteindre 2,8%.

Seul point positif au tableau dressé par l'ONU : les pays émergents ne devraient pas être paralysés par cette crise mondiale, ou du moins dans une moindre mesure : leurs taux de croissance devraient atteindre tout de même les 5% annuel en 2008 et 2009. Cela reste certes inférieur à l'exceptionnel taux de croissance de 7,3% en 2007 mais l'impact n'est pas aussi dramatique qu'ailleurs.

Anne Chartier