Actualité du marché immobilier
Crise immobilière : un coût immense de 1000 milliards de dollars sur l'économie
Ecrit par Anne Chartier vendredi, 25 avril 2008 13:56
Le marché du crédit hypothécaire est confronté à une crise internationale grave, qui a d'abord vu le jour aux Etats-Unis avant de s'étendre à de nombreux autres pays dans le monde. Cet article a pour objet de revenir sur quelques faits marquants de la crise et de répondre à certaines questions que se posent bon nombre de citoyens français.Rappelons tout d'abord que le crédit hypothécaire est un marché qui a commencé son ascension en 2001 aux USA et qui a très rapidement grossi, atteignant en 2006 plus de 600 milliards de dollars contre 200 cinq ans auparavant. Or, des ménages américains ne disposant pas suffisamment de ressources financières ont sombré dans l'insolvabilité, ne pouvant plus assurer le remboursement de leur emprunt. Ceci a notamment été à l'origine de la crise des subprimes.
Dans son enquête, le Fonds Monétaire Internationale a estimé que la crise du crédit a représenté une perte de 500 milliards de dollars pour les organismes financiers, ce qui porte le montant total de leur déficit à plus de 1000 milliards de dollars.
Cette crise a bien évidemment secoué la santé des marchés financiers et de ce fait les a empêchés d'orienter les capitaux vers des opportunités d'investissement intéressantes. Ainsi, les ménages, tout comme les entreprises ont été dissuadés d'investir sur un marché où les retours sur investissement étaient bien incertains. Ce phénomène est plus connu sous le nom de risque systémique en finance. Le risque est que cette tendance au refus d'investir puisse entraîner avec elle un ralentissement de la croissance économique, voire une récession. En outre, si les gouvernements n'apportent pas de réponses efficaces, il n'est pas exclu que les banques entrent dans un cercle vicieux de faillites à l'image des organismes anglais Northern Rock ou américain Bear Stearns, ce qui plongerait inéluctablement le système bancaire dans une récession sévère.
Il est donc nécessaire que l'Etat intervienne pour répondre à ces inquiétudes grandissantes. Des analystes réclament l'aide de la banque centrale pour pallier l'éventualité d'une "panique bancaire". L'idée avancée serait que la banque centrale prête des liquidités aux organismes bancaires qui en manquent tout en limitant cette intervention aux seuls établissements solvables.
Toutefois cette action seule ne sera pas efficace, à en croire les experts du secteur. Car la crise a déjà affecté l'économie mondiale en ralentissant sa croissance. Il faudrait alors un plan de relance fort, que ce soit en matière monétaire ou budgétaire. C'est dans cette optique que la réserve fédérale américaine a diminué ses taux d'intérêts directeurs à 2,25% (- 0,75 points) de manière à encourager les investissements économiques et donc à stimuler la croissance. Par cette action, les hauts responsables américains espèrent enrayer la crise des subprimes.
La difficulté est de concilier les actions américaines et européennes parce que sans l'initiative européenne, l'économie mondiale ne redémarrera pas comme cela est souhaité. Le FMI a déjà demandé à la Banque Centrale Européenne de baisser ses taux d'intérêts directeurs pour soutenir l'économie américaine et le dollar mais celle-ci refuse toujours une telle initiative car elle craint de ne pouvoir contenir l'inflation engendrée.
Les fortes spéculations qui se sont opérées sur le marché de l'immobilier a alimenté une bulle qui serait désormais en train d'éclater. Aucun économiste n'avait imaginé qu'un tel évènement mette à mal l'ensemble des marchés financiers mondiaux. Parallèlement à cela, la mondialisation creuse désormais les inégalités : la flambée des matières premières diminue le pouvoir d'achat des ménages des pays industrialisés mais elle entame véritablement le capital vie des populations africaines qui vivent encore plus en dessous du seuil de pauvreté. Si les prévisions de l'OFCE restent positives pour des pays comme les Etats-Unis qui devraient renouer avec la croissance courant 2009 grâce à la dynamique du commerce extérieur, en revanche elles sont nettement plus inquiétantes pour les pays les plus nécessiteux.
Anne Chartier


