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Economie américaine : des prévisions de croissance revues à la baisse du fait de la crise immobilière

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Mardi, la banque centrale américaine a publié son nouveau rapport relatif à l'évolution prévisible de la croissance américaine au premier semestre 2008. Selon toutes vraisemblances, la croissance économique devrait connaître un nouveau fléchissement outre atlantique.

Les hauts responsables du pays s'étaient rassemblés autour d'une table le 18 mars à Washington pour discuter de la situation inquiétante de l'économie américaine, due en grande partie à la crise du marché immobilier. Les conclusions de cette réunion faisaient état d'un inquiétant retournement de la croissance américaine qui pourrait de prolonger davantage dans les mois à venir. L'état du marché immobilier est critique et le dollar ne cesse d'atteindre des records. Il est très difficile d'appréhender quelle sera l'évolution future des marchés financiers et immobiliers aux USA, mais un "repli sévère" est à craindre.

La Réserve Fédérale Américaine a indiqué lors d'une conférence de presse que le produit intérieur brut suivrait un mouvement baissier au cours de la première partie de l'année, avant de se stabiliser voire d'augmenter très légèrement au cours du deuxième semestre. Toutefois, il ne s'agit là que de projections floues, avec des chiffres très peu précis. Or, si l'année 2008 se caractérise de cette façon par une contraction de la croissance, il s'agit bien d'une récession dont il est question. Cela vient ainsi confirmer les propos tenus la semaine dernière par M. Ben Bernanke – président de la Banque Centrale Américaine – qui envisageait la récession comme l'un des scénarios possibles donnés à la marche de l'économie.

Dans cette situation, on voit mal comment le marché immobilier pourrait se rétablir et attirer de nouveau la confiance des acheteurs, d'autant que les conditions d'accès au crédit vont s'intensifier pour éviter de nouveaux défauts de paiement. Il est alors possible que la crise s'envenime davantage car la faiblesse du marché immobilier américain est telle, qu'elle ne permet pas de soutenir la croissance. C'est l'effet inverse qui se produit : la crise du crédit fait plonger l'économie américaine dans le rouge. Les hauts responsables américains espèrent tous que le marché immobilier montre quelques signes de reprise en 2008. Mais la stabilisation est loin d'être gagnée.

Bien entendu, la volatilité et la pression caractérisant les marchés financiers contribuent à la raréfaction du crédit et fragilisent d'autant plus l'économie outre atlantique. Par ailleurs, le tissu économique – constitué des ménages et des entreprises – perd de  plus en plus confiance. Le chômage s'accroît. Tout cela vient alimenter la psychose d'une récession profonde et plus longue que prévue. Une poussée inflationniste est également à redouter.

Face à cette situation qui s'annonce dramatique, la réserve fédérale américaine a décidé de baisser les taux d'intérêt à plusieurs reprises. Les effets de cette action ne peuvent être immédiats. Ils sont décalés dans le temps et feront donc leur apparition dans quelques mois.

Il semblerait que les Etats-Unis connaissent l'une des crises les plus graves de leur existence. La baisse des taux opérée par la Fed ne suffira pas à relancer le marché immobilier et soutenir les marchés financiers. Les hauts responsables réfléchissent donc à d'autres solutions plus drastiques pour que la reprise d'activité annoncée pour le second semestre de l'année 2008 soit effective.

Anne Chartier