Actualité du marché immobilier
Krach financier, krach immobilier : la crise touchera-t-elle les pays émergents ?
Ecrit par Anne Chartier mercredi, 02 avril 2008 09:37
Face aux déboires que connaissent certains marchés immobiliers internationaux, les professionnels se demandent si cette crise ne va pas se globaliser dans les mois à venir, et affecter tant les grandes puissances économiques que les marchés emergents. Il s’agit là d’une interrogation légitime de la part des professionnels, qui cherchent à étendre leurs sphères de marché à des territoires extérieurs afin de limiter l’ampleur de la crise qui affecte leurs marchés nationaux.Certains analystes du secteur estiment que la crise actuelle se poursuivra avec une baisse encore plus prononcée des prix, baisse qui aura forcément une influence non seulement sur les principales bourses mondiales telles que Wall Street, Londres, Tokyo ou encore Paris, mais également sur les places financières des pays émergents, comme le Brésil, l’Inde ou la Chine.
Les économistes alarment les marchés sur le fait que la proportion de défauts de paiements qui caractérise la crise des subprimes ne fait qu’augmenter, et ce, avec une croissance exponentielle. Ils redoutent donc que le phénomène s’amplifie et que l’intégralité des pays soit touchée par ce krach imminent.
Les organismes bancaires et financiers de manière plus générale, ont déjà subi cette débâcle de plein fouet. Les banques et autres acteurs des marchés financier et immobilier estiment que la crise a d’ores et déjà engendré un coût supplémentaire de plus de mille milliards de dollars à l’ensemble des économies. Goldman Sachs, l’une des plus célèbres des banques d’investissement américaines, envoie des signaux d’alerte par l’intermédiaire des médias, en affirmant que les crises bancaires sont les plus difficiles à combattre, puisqu’elles se distinguent des autres par leur extrême longueur, et leur coût exorbitant.
Si l’on veut éviter que la crise ne persiste et ne vienne entacher la croissance de l’économie et de l’emploi, il faut réagir vite. Car le risque que l’on peut craindre en cas de crise bancaire est que les organismes financiers se voient contraints de limiter le nombre de prêts accordés aux entreprises et aux ménages, qui constituent pourtant les moteurs de la croissance de l’économie nationale. Dans ce cas, et de façon immédiate, le volume d’investissement des entreprises serait en nette diminution et la consommation des ménages s’effondrerait.
Or, comme l’expliquait si bien l’économiste John Maynard Keynes, la consommation et l’investissement stimulent la demande sur les marchés, donc contribuent à accroître l’activité des entreprises, et à encourager la création d’emplois. En réduisant le nombre de prêts, les banques entraveraient le cercle vertueux de l’économie et les plongeraient dans une profonde récession.
Les Etats-Unis et l'Europe – dans une moindre mesure – sont déjà affectés par la crise qui sévit sur le marché de l’immobilier. De plus, les experts ne préconisent pas forcément aux investisseurs de placer leurs fonds sur les marchés émergents, car ceux-ci ne semblent en aucune façon à l’abri de la crise. Il y a plusieurs raisons à cela :
- Tout d’abord, si ces pays constatent une croissance économique exceptionnelle à l’heure actuelle, il n’en demeure pas moins que celle-ci est due majoritairement à l’excédent de leur balance commerciale – autrement dit à leur très fort niveau d’exportations par rapport au volume de leurs importations. La Chine et l’Inde illustrent parfaitement bien la situation. Si les pays dits industrialisés sont frappés par une crise importante, alors ils importeront moins, et donc les marchés emergents verront leur croissance économique décliner.
- Par ailleurs, le secteur financier des pays emergents pourrait lui aussi être affecté par la crise, et ce, par voie de « contagion des opinions ». En effet, la crise de confiance des investisseurs se répand à une vitesse très rapide et les marchés financiers sont très fébriles.
Il semblerait donc une nouvelle fois que les experts affichent leur pessimisme quant à l’évolution de la crise des marchés immobiliers. L’ensemble des investisseurs se tournent désormais vers les économies pour qu’elles apportent des solutions nouvelles pour enrayer la crise.
Anne Chartier


