Actualité du marché immobilier
Economie mondiale : panne de croissance, risque de récession ou de dépression économique
Ecrit par Anne Chartier vendredi, 21 mars 2008 12:51
Suite aux récents évènements qui ont affecté les marchés financiers, l'Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques (OCDE) a jugé opportun de revoir les prévisions de croissance des puissances américaine et européenne.L'OCDE n'a pas été porteuse de bonnes nouvelles pour les Etats-Unis qui évolueront en 2008 dans un environnement où la croissance économique serait proche du néant. En effet, l'organisation internationale est plutôt tourmentée par la crise qui frappe les Etats-Unis. Elle estime désormais que la croissance économique ne dépassera pas les 1,4% annuel alors même que les économistes avaient établi des prévisions de l'ordre de 2% en décembre dernier. Le début de l'année 2008 devrait s'inscrire dans une période "néfaste" donc, avec une croissance nulle voire négative (autour de 0,1%).
Parmi les premiers éléments cités comme responsable de cet réévaluation, la mauvaise santé du marché immobilier américain prend la première place. Le marché immobilier américain a ralenti de 1% la croissance américaine au cours des deux dernières années. Il semblerait que 2008 suive la même tendance, voire une dégradation supplémentaire. De plus, le niveau de l'inflation aux USA a atteint 4% le mois dernier (2,2%hors alimentation et énergie), inacceptable selon le rapport de l'OCDE.
En revanche, l'OCDE est plus optimiste pour l'Europe, qui selon elle, devrait mieux se défendre contre la crise. Le fléchissement de la croissance est moins brusque que celui qui se produit actuellement aux Etats-Unis. Selon Jürgen Eskelmov – analyste économiste a sein de l'OCDE – estime que la croissance se maintiendra autour des 1,9% pour 2008, mais ne devrait pas dépasser les 2% par an.
Même si l'appréciation de l'euro face au dollar n'a pas restreint la portée des exportations hors d'Europe jusqu'à présent, il n'en reste pas moins que la croissance restera un brin paralysée en 2008. La France et l'Allemagne devraient maintenir sa croissance autour de 1,8% cette année. Inversement, l'OCDE révise ses prévisions à la baisse pour l'Italie (1,1% estimé).
La zone euro semble moins exposée à la crise, et ce, malgré la très forte appréciation de sa monnaie. Mais il ne faut pas sous-estimer un autre phénomène qui pourrait fausser les prévisions de croissance : la flambée inflationniste. Rappelons que la hausse des prix a atteint 3,2% en février 2008, un niveau record et difficilement soutenable.
Seul le Royaume Uni semble sortir son épingle du jeu, avec une révision de sa croissance à la hausse. L'OCDE estime qu'elle atteindra 2,4% soit 0,4 point supplémentaire par rapport aux premières hypothèses. Mais les économistes restent prudents, lorsqu'ils annoncent ces chiffres.
L'OCDE a écarté la théorie du découplage, selon laquelle les pays émergents seraient à l'abri de la crise financière. M. Elmeskov a certifié que "nulle part dans le monde, l'économie réelle n'est à l'abri des turbulences financières". En effet, l'affaiblissement des places financières mondiales et du marché immobilier agiront de toute façon comme un poids sur la demande.
Enfin, l'organisation internationale conseille aux Etats-Unis de mener une politique de relance. Nous n'en sommes pas encore à ce stade dans la zone euro, dans la mesure où "les stabilisateurs budgétaires automatiques auront davantage d'effets que dans d'autres régions".
Nous tenons à rappeler que toutes ces prévisions sont temporaires car elles seront sans doute révisées début Juin, à la publication du rapport sur les perspectives économiques. Il est donc prématuré d'évoquer le terme de récession pour décrire l'état de santé de l'économie américaine.
Anne Chartier


