Ecrit par Anne Chartier mardi, 18 mars 2008 23:29
L'observatoire du crédit aux ménages à publié son dernier rapport ce mardi, ce qui laisse entrevoir les dernières évolutions en matière de crédit immobilier. Trois idées directrices ressortent de cette analyse.
Tout d'abord, les « seniors » sont de plus en plus nombreux à avoir recours aux crédits à la consommation. En effet, il semblerait que 21,1% des ménages de plus de 65 ans auraient déjà contracté un prêt à la consommation, dont l'objectif serait d'assurer leurs besoins courants.
Selon les dernières statistiques parues, les intentions de crédit sont également en augmentation par rapport à la même période en 2006. 5,8% des personnes interrogées déclarent envisager sérieusement de contracter un crédit immobilier dans les six prochains mois et 5,1% un crédit à la consommation, ce qui représente une croissance de 0,9 et 0,6 point dans le volume d'intentions. Cette tendance révèle ainsi que le comportement des jeunes ménages face au crédit se calque de plus en plus au reste de la population. Au total en 2007, 52% des foyers ont eu recours au crédit (14 millions de personnes environ).
Selon Michel Mouillard, professeur d’économie à Paris et auteur du rapport, il semble que l’offre de crédit soit devenue une véritable «industrie de masse à production contrôlée ». Il démontre en effet que la remontée des taux d'intérêt opérée ces deux dernières années par la BCE n'a pas eu de conséquences néfastes sur l'offre de crédit en France. L'explication résiderait dans la modification des mécanismes d'accession à la propriété ainsi que des dispositifs fiscaux, tels que celui de la donation entre vifs.
L'endettement des ménages français reste donc contrôlé si l'on compare nos chiffres à ceux de certains de nos voisins européens comme l'Allemagne ou la Grande Bretagne ou de nos voisins outre Atlantique. Le recours aux crédit à taux variable est très restreint et ne dépasse pas les 1% de l'offre globale.
Enfin, Michel Mouillard atteste dans son rapport d'une « sur-réaction des ménages à la dégradation de leur environnement économique général » dans la mesure où 40% d’entre eux pensent que l'environnement économique s'est détérioré en 2007. Ils basent leurs propos principalement sur le fait que le poids de leurs charges de remboursement rapporté à leurs revenus ont augmenté en 2007.
La tendance reste au ralentissement voire à la stabilisation de la durée des crédits qui s'élève désormais à 19 ans et 9 mois, bien loin des 40 voire 50 ans de contrats de crédit proposés notamment en Espagne ou au Portugal. il s'agit là d'une donnée qui se veut rassurante.