Actualité du marché immobilier
Immobilier : krach boursier, krach immobilier, panique mondiale
Ecrit par Anne Chartier mardi, 18 mars 2008 12:10
Les bourses mondiales ont connu une journée noire ce lundi 17 Mars. Aucune place financière n’a été épargnée, pas même la bourse de Hong Kong. Le CAC 40 a perdu 2,8% à l’issue de la journée et est passée sous la barre des 4500 points, niveau au dessous duquel il n’était jamais redescendu depuis novembre 2005. L’indice britannique (Foostie 100) faisait quant à lui état d’une nette baisse de 2,12% de même que la bourse de Tokyo avec une chute du Nikkei à hauteur de 3,71%. Plusieurs explications peuvent être apportées à cette dégringolade massive.
Tout d’abord, la crise financière aux Etats-Unis s’est aggravée ces derniers jours, avec le rachat à un prix dérisoire de la banque américaine d’affaire Bear Stearns par le géant américain JPMorgan Chase, après lui avoir confié courir à la faillite en fin de semaine dernière. Le titre de ce fonds spéculatif américain a été valorisé à 2$ (soit 236 millions de dollars de rachat global de la banque), représentant une décote de l’ordre de 94% par rapport à la clôture de vendredi dernier.
La valeur du titre est donc proche du néant. Il s’agit là d’un signal alarmant pour le secteur bancaire américain. Les analystes parlent même de détérioration aggravée de l’économie américaine. Cet évènement fait craindre une crise bancaire mondiale : la Fed a en effet baissé à 3,25% (soit -0,25 points) le taux de ses prêts aux grandes institutions financières, ce qui souligne davantage l’ampleur de la crise du crédit.
En outre, cette chute mirobolante des cours de bourse a été amplifiée par l’annonce récente de l’industriel allemand Siemens qui a publié une perte de 900 millions d’euros pour l’exercice 2007. Ses projets très ambitieux de centrales nucléaires ont en réalité mis la santé financière du groupe à rude épreuve. Véritable décadence là encore.
Les niveaux records du prix du baril de pétrole (111,50$) et de l’euro par rapport au dollar aggravent eux aussi la santé économique et financière mondiale.
Enfin, il n’est pas absurde de penser que la crise de l’immobilier et du secteur des prêts hypothécaires à risque (plus connus sous le nom de « subprimes ») serait en passe de contaminer l’ensemble du secteur financier, ce qui aurait des conséquences assez dramatiques sur la croissance mondiale. Depuis la publication pessimiste en Juin 2007 faisant état d'une baisse significative du volume de vente de logements neufs aux Etats-Unis, les indices mondiaux « s’effondrent » bien plus régulièrement.
Si ce phénomène s’amplifie ou s’accélère davantage, les entreprises et institutions bancaires auront de plus grandes difficultés à se financer. En d’autres termes, la crise du crédit apporterait un grand coup de frein à la croissance économique américaine et, par voie de conséquence, mondiale. De nombreuses entreprises subissent de plein fouet la crise immobilière. Nous pouvons par exemple citer Wolseley, numéro un mondial de la plomberie et du chauffage, qui affirme que la crise du marché immobilier serait l’élément déclencheur de la chute de son bénéfice, divisé par trois au cours de son dernier semestre.
Après la forte retombée des indices mondiaux, les Etats-Unis craignent que les prévisions attendues de croissance du PIB américain n’amplifient la crise, si elles se révélaient inférieure aux 3,2% prévus.
Anne Chartier


