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Danger : inflation, la BCE toujours ferme
Ecrit par Anne Chartier lundi, 10 mars 2008 10:35
La Banque Centrale Européenne a mis fin aux rumeurs qui courraient sur l’évolution des taux d’intérêts, en confirmant le maintien de sa politique monétaire de rigueur au sein de l'Union Européenne. Lors du conseil qui s’est tenu ce jeudi 6 mars, elle s’est montrée plus stricte encore en affichant un objectif de maintien des taux d’intérêt à hauteur de 4% dans la zone Euro. Cette décision fait suite à l’annonce du taux record d’inflation de 3,2% en Février. Par cette démarche, la BCE entend bien prôner sa lutte sans relâche contre le fléau inflationniste qui touche la zone Euro. Cela n’ira pas sans conséquence bien sûr, puisque les analystes y voient un fort risque pour la croissance et un encouragement à une hausse ininterrompue de l’Euro.
La Banque centrale européenne n’a d’ailleurs pas été épargnée par la robustesse de l’Euro. En effet, en 2007, elle a dégagé un excédent de 286 millions d'euros, contre 1,379 milliard d'euros l'année précédente. Cette nette régression (environ 80%) serait "imputable principalement à l'appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar", selon l'autorité monétaire. Cela s’explique du fait que la plupart des revenus de la BCE proviennent de placements de ses réserves de changes libellées en dollars. Toutefois, la BCE a révélé avoir constitué une provision d’un montant équivalent pour couvrir les risques de change, de taux d'intérêt et de variation du cours de l'or. En d’autres termes, le bénéfice net déclaré de la BCE est clairement ramené à zéro.
La démarche adoptée par la BCE ne va pas sans risque, notamment en matière salariale. Si l’on se tourne vers notre voisin Européen Allemand, on y observe une crise salariale où les revendications prix/salaires se font très vives. La raison principale est l'envolée des cours du pétrole et des aliments, qui affecte directement le consommateur. On peut craindre le même phénomène en France. A ce rythme, la poussée inflationniste pourrait s’avérer incontrôlable. Les prévisions de la BCE tablent sur une inflation de l’ordre de 2,9 % en 2008, prévision qui semble en désaccord avec l’objectif du maintien de l’inflation au dessous de 2 %.
Ces nouvelles ne sont pas très bonnes donc, d’autant que la crise des subprimes a déjà beaucoup pesé sur la croissance européenne. M. Jean Claude Trichet, actuel président de la BCE, a estimé une croissance modérée entre 1,3 % et 2,1 % pour 2008.
Une fois encore, la politique monétaire Européenne contraste fortement avec celle de la Réserve Fédérale Américaine (Fed) qui s’apprête à injecter, sur les trois prochaines semaines, un surplus de liquidités à hauteur de 50 milliards de dollars, pour soutenir le secteur financier. La Fed est en effet préoccupée par la crise du crédit, le manque de liquidités au sein des institutions financières et les risques de récession aux Etats-Unis qui y sont liés. La réserve fédérale a clairement laissé entendre qu'une baisse des taux était imminente. Ceux-ci passeraient, semble-t-il de 3 % à 2,25 % avant fin mars.
Cette annonce faite par la BCE remet en question l’objectif de croissance fixé à 2 à 2,5% par le gouvernement français, qui sera difficile à atteindre si les taux d'intérêt sont maintenus à 4% comme c’est envisagé.
Anne Chartier pour Prix-Immo


