Actualité du marché immobilier
Immobilier International : les crises financière et immobilière mettent à mal la croissance
Ecrit par Anne Chartier lundi, 25 août 2008 11:53
La crise immobilière bat son plein aux Etats-Unis et en Europe, ce qui fait inévitablement souffrir les marchés financiers internationaux dont les cours réagissent immédiatement à chaque nouvelle concernant le marché immobilier. L’annonce du risque de faillite des deux géants du refinancement hypothécaire américain, Freddie Mac et Fannie Mae, a tout de suite plongé les bourses dans le rouge. A l’inverse, l’intérêt formulé vendredi dernier par Korea Development Bank pour Lehman Brothers a donné une bouffée d’air aux marchés boursiers qui ont rebondi positivement à cette nouvelle : Wall Street a clôturé avec une hausse de 1,73% du Dow Jones et Paris avec une augmentation du CAC 40 de 2,23%.Ces informations nous montrent à quel point les marchés financiers sont fragiles et sensibles aux évolutions du secteur immobilier. Un an après le début de la crise américaine du crédit, les marchés n’ont rien perdu en volatilité tant l’ampleur de la crise a été sous-estimée. La semaine dernière, mêmes la reprise de valeur du dollar et la baisse du prix du pétrole n’ont pas permis de soutenir les cours de bourse à Wall Street comme dans les bourses européennes. La plupart du temps, les places financières internationales clôturent leur semaine avec un bilan hebdomadaire négatif : - 1,19% pour le CAC 40, - 0,27% pour le Dow Jones. Ces résultats tiennent essentiellement à la perte de confiance des investisseurs dans le marché dans la mesure où la situation financière de certains géants américains est mise à mal actuellement. Nous pouvons citer par exemple Fannie Mae et Freddie Mac ou encore la 4ème banque américaine d’investissement Lehman Brothers.
Dans un colloque qui les réunissait ce weekend, Ben Bernanke – responsable de la FED – et Jean-Claude Trichet – président de la BCE – ont réaffirmé que « la crise financière n'est pas terminée ». D’ailleurs, les grands établissements bancaires et les analystes ont confirmé cette hypothèse en venant corriger leurs prévisions de résultats à la baisse et en anticipant de nouvelles dépréciations d’actifs dans les semaines qui viennent.
La semaine qui s’ouvre devrait se placer sous le signe des bonnes nouvelles, puisque sont attendues les publications des statistiques américaines qui pourraient notamment faire état d’une reprise de confiance des consommateurs en août. Les économistes restent tout de même très prudents car les statistiques pourraient également pointer du doigt la décadence constante du secteur immobilier. Ils envisagent en particulier une baisse des ventes de maisons neuves et une chute supplémentaire des prix.
Si la croissance américaine venait à se redresser cette semaine, une partie des pays de la zone euro, à l’image du Royaume Uni, pourrait souffler, leurs ralentissements étant directement associés à celui observé aux US. Alors que les prévisions antérieures tablaient sur une augmentation de 1,9% du PIB au deuxième trimestre, les nouveaux chiffres semblent conforter la hausse de la croissance avec une deuxième estimation de + 2,7% de croissance. Cette reprise de croissance a été aidée par la mise en place du plan de relance fiscale qui a soutenu la consommation des ménages américains.
Autre problème à résoudre, celui de l’inflation en progression continue. A ce sujet, Ben Bernanke s’est montré encouragé par la baisse des cours des matières premières et la stabilité du dollar. Il a par ailleurs attesté que « s'ils ne s'inversent pas, ces mouvements, combinés à un rythme de croissance qui devrait probablement tomber sous le potentiel de long terme pour un moment, devraient pousser l'inflation à se modérer plus tard cette année et l'an prochain ».
La semaine promet donc d’être riche en nouvelles. Les économistes espèrent que celles-ci seront positives, mais rien n’est moins sûr.
Anne Chartier


