Actualité du marché immobilier
Immobilier US : la crise immobilière fait trembler la bourse
Ecrit par Anne Chartier vendredi, 22 août 2008 10:35
La crise immobilière américaine a encore eu un fort retentissement sur les principales places financières mondiales avant hier. En effet, au vue des difficultés et des risques de faillite de Freddie Mac et de Fannie Mae dû aux méfaits qu’ils connaissent en raison de la crise du crédit, la communauté financière s’attend à la nationalisation de ces deux géants du refinancement hypothécaire, ce qui a provoqué la chute immédiate de leurs cours de bourse (-26,8 % pour Fannie Mae et -22 % pour Freddie Mac) entraînant un affaissement des bourses de Paris (- 1,4 %), Wall Street (- 0,7 % à la mi-séance) et Tokyo (- 0,8 %).Depuis un an, les deux poids lourds américains du crédit ont vu leur capitalisation boursière s’effondrer de plus de 90%. En effet, Freddie Mac et Fannie Mae sont deux sociétés privées chargées de racheter les prêts immobiliers octroyés par des banques commerciales à des professionnels ou à des particuliers, permettant ainsi aux banques de s’alléger d’une partie de leurs risques financiers. Freddie Mac et Fannie Mae sont contrôlées par l’Etat qui leur accorde une ligne de crédit suffisante pour emprunter de l’argent à des taux préférentiels et ainsi racheter les crédits aux banques. Seulement depuis le début de la crise des subprimes, l’insolvabilité des ménages a éclaté au grand jour : une part non négligeable des détenteurs de crédits immobiliers était dans l’impossibilité de respecter leurs échéances de remboursement. Ainsi, le portefeuille de créances de Freddie Mac et de Fannie Mae estimé alors à 5 200 milliards de dollars en valeur comptable s’est écroulé.
Désormais, les deux sociétés privées craignent la faillite dans la mesure où elles doivent rembourser à elles deux 223 milliards de dollars à leurs créanciers avant fin septembre et que leurs recherches de nouveaux investisseurs disposés à leur prêter de l’argent pour refinancer cette dette demeurent pour l’heure infructueuses. Freddie Mac et Fannie Mae ont perdu totalement la confiance des investisseurs puisque ces derniers savent très bien qu’à long terme, ces deux établissements devront réinjecter quelques milliards de dollars dans le capital (10 à 20 Mds de $ selon les experts) pour contrebalancer les dépréciations immenses qui ont affecté leurs portefeuilles.
Aujourd’hui les rumeurs vont bon train quant à une nationalisation des deux géants du refinancement hypothécaire : les investisseurs et les analystes (dont Alan Greenspan – ex Président de la Fed) parient sur une prochaine souscription de l’Etat à une augmentation de capital des deux établissements, rumeur immédiatement démentie par le PDG de Fannie Mae, Daniel Mudd. Reçu pour un entretien à la Maison Blanche, il a affirmé que «le Trésor n’a jamais proposé son aide et nous l’avons pas demandée non plus ».
Reste que les marchés financiers sont quasiment sûrs que la nationalisation est la solution inévitable pour que le marché immobilier retrouve de la stabilité.
Anne Chartier


