Actualité du marché immobilier
Immobilier US : marché tendu, confiance perdue
Ecrit par Anne Chartier mercredi, 20 août 2008 11:20
Alors que le plan d’urgence a été adopté et mis en œuvre pour secourir les deux géants du refinancement hypothécaire, les autres banques déchantent toujours. En effet, le marché immobilier reste très tendu et la confiance des actionnaires est en berne. Du coup, le moral n’est pas au beau fixe pour les grands établissements bancaires américains qui ont perdu quelques plumes avec la crise des subprimes.L’une de ces banques, Lehman Brothers, a décidé de pallier autrement la crise : elle cherche à vendre des actifs de sa branche immobilière pour pouvoir encaisser quelques dizaines de milliards de dollars et ainsi regagner la confiance de ses actionnaires. Lehman Brothers a donc entrepris un processus de sélection des actifs à céder. Le quotidien américain Financial Times indiquait récemment que la 4ème banque d’investissement américaine aurait entamé des négociations pour vendre une partie voire la totalité de son portefeuille d'immobilier commercial. Si tout se passe comme elle l’espère, la banque pourrait tirer de cette opération 40 milliards de dollars, de quoi rassurer ses actionnaires en proie aux doutes.
Certes, le marché de l’immobilier commercial a été moins frappé par la crise des subprimes que l’immobilier résidentiel, mais il n’en reste pas moins que le marché de bureaux est toujours très tendu. Pour preuve, le portefeuille d’actifs de la banque en matière d’immobilier commercial a d’ores et déjà diminué de quelques 12 milliards de dollars et les investisseurs prévoient dans un avenir proche de nouvelles dépréciations d'actifs, suffisamment sérieuses pour inquiéter la banque.
En guise de bonne foi, la banque d’investissement américaine s’est engagée à couvrir une fraction des pertes éventuelles constatées par les futurs acheteurs (jusqu’à un plafond de 5 milliards de dollars de dépréciations d'actifs après la cession), pour les inciter à passer à l’achat.
Des gestionnaires de fonds, à l’image de Blackrock, ont déjà formulé leurs intérêts à participer à l’opération, sans pour autant assurer en toute certitude qu’ils courront de tels risques. A la bourse de New York, le titre de Lehman Brothers a perdu plus de 60 % de sa valeur en quatre mois à peine. Au cas où les négociations avec les fonds s’avéraient infructueuses, la banque serait prête à introduire ses actifs en Bourse. Jusqu’à aujourd’hui, elle reste muette pour préserver la confidentialité de ses opérations.
Anne Chartier


