Actualité du marché immobilier

Immobilier Maroc : projet de régulation des prix de l’immobilier

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Face à l’augmentation des prix des logements au Maroc, le ministère de l’Habitat a formulé sa volonté de réguler le marché immobilier et à diversifier l’offre de logements de manière à ce que toutes les classes de la population puissent trouver un logement adapté à leurs ressources financières. Des solutions sont à l’étude, notamment la mise en place d’une taxe sur les logements vacants et d’une agence nationale d’intermédiation de location.

Un pack de douze mesures a été présenté par Abderrahmane Chorfi – directeur général de l’Urbanisme, de l’Architecture et de l’Aménagement du territoire – lors d’une réunion organisée par la Chambre britannique du commerce autour du thème « Coût de l’immobilier au Maroc : opportunités et limites » à Casablanca vendredi dernier. Ces mesures seront destinées à réguler les prix de l’immobilier.

Parmi les mesures phares, on peut citer un projet de loi en discussion dont l’objectif est de combattre la spéculation qui s’opère sur le marché immobilier. Il s’agirait d’un véritable code de commercialisation qui contrôlerait le marché et permettrait également la construction de villes nouvelles près des grandes agglomérations comme Tanger, Agadir ou encore Nador.  « Il s’agit d’un nouveau programme d’habitat d’environ 1.000 ha qui profiteront à une population entre 250 et 300 mille habitants », a précisé M. Chorfi, représentant du ministère de l’habitat marocain. Ce projet durera probablement jusqu’en 2012 et nécessitera un investissement de 600 millions de dirham marocains.

En outre, plusieurs autres textes vont être soumis à l’épreuve du vote. Ils concerneront les logements locatifs ou encore la mise en place d’une taxe sur les logements laissés vacants. Le plus difficile est de définir ce à quoi correspondra un logement vacant pour que la définition du texte soit la plus complète et les modalités d’application les plus claires possibles. Selon toute vraisemblance, ne pourront être considérés comme un logement vacant les logements des marocains vivants à l’étranger (MRE), les logements en cours de commercialisation et les logements secondaires. Le Maroc dénombre pas moins de 800 000 logements vacants à l’heure actuelle. Un véritable gâchis.

Mais, cette mesure ne fait pas l’unanimité dans le gouvernement marocain : le ministre de l’habitat – M. Hejira – ne plaide pas pour la taxation des logements vacants car il considère que ce n’est pas le moyen le plus adapté. « Il faut aller puiser dans les solutions d’adhésion et de concertation » a-t-il affirmé lors de ce meeting. M. Hejira serait plutôt d’avis de créer une agence nationale d’intermédiation de location de façon à proposer aux propriétaires des 800 000 logements vacants de les mettre en location. Cette agence aiderait donc dans la réalisation des contrats de location, et serait financée par une retenue à la source de 10% sur les revenus des locataires. Une moitié sera destinée à financer ses services et l’autre moitié sera gardée comme garantie pour restaurer le logement si cela est nécessaire en fin de contrat. Bien entendu, M. Hejira compte mettre en place des conventions tripartites pour que les propriétaires, les locataires et l’agence soient tenus au respect des règles du contrat.

Le Maroc travaille intensément pour que l’augmentation des prix cesse. Il ne veut surtout pas être frappé par la même crise que les Occidentaux. L’avenir nous dira si ces mesures s’avèreront efficaces.

Anne Chartier