Actualité du marché immobilier
Immobilier US : élément clé de la reprise de croissance économique
Ecrit par Anne Chartier vendredi, 01 août 2008 16:46
En matière d’économie, le consensus est souvent difficile : dans le contexte actuel de crise immobilière, cela est d’autant plus vrai tant les économistes et autres experts immobiliers ne s’alignent pas toujours sur leurs prévisions du marché. D’ailleurs, pas plus tard qu’hier, le Fonds Monétaire International a revu à la baisse de 1,15 points les prévisions de croissance formulées par les économistes pour les Etats-Unis passant de 1,9% à 0,75% pour 2009.Il n’y aura donc pas de reprise de croissance en 2009 selon le FMI au contraire, l’économie ne fera que ralentir davantage. Cette divergence de jugement s’explique par le fait que le FMI opte plutôt pour une approche pessimiste des prévisions tandis que les économistes choisissent la voie optimiste, pour tenter de relancer la consommation. En outre, l’indice des prix des biens immobiliers (Case Schiller) rappelle que la chute des prix a atteint 19% pour les maisons et que la baisse serait loin d’être achevée car le taux d’activité des professionnels de l’immobilier est toujours très bas. Les candidats à l’achat continuent d’attendre avant d’investir car ils s’attendent une baisse supplémentaire. La baisse pourrait atteindre 30% au total.
Le FMI a de plus alerté les hauts responsables américains en soulignant que « le risque majeur est que le déclin de l’immobilier en-deçà du prix d’équilibre entraine l’économie dans des spirales descendantes créant ainsi des dérapages macro-économiques ». En d’autres termes, l’économie américaine doit craindre des suppressions d’emplois notamment dans le secteur financier du fait de la sévère correction du marché immobilier, par la baisse de la consommation des ménages et par la flambée du prix de l’énergie.
Le FMI estime que la conjoncture actuelle amputera de 1,25% (en net) la croissance américaine, de la façon suivante :
- Resserrement du crédit : -1,25%
- Impact des baisses de l’immobilier sur la consommation : -1%
- Hausse des prix pétroliers : -0,25%
- Dynamisme des exportations : +0,75%
L’état de santé du secteur immobilier est donc déterminant dans la reprise de croissance économique des US. Le pari n’est pas encore gagné. Henry Paulson a précisé dans une interview que « nous faisons des progrès, bien que ce ne soit pas en ligne droite. L'immobilier reste au cœur des défis économiques et reste notre plus gros risque. Nous devons en passer par les ajustements nécessaires dans l'immobilier et sur les marchés du crédit pour retrouver la croissance l'année prochaine et au-delà. »
Anne Chartier


