Actualité du marché immobilier

Immobilier US : prix cassés, marché en perdition

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. ImprimerEmail

Aux Etats-Unis, la crise immobilière sévit toujours plus d’un an après le commencement de la crise des subprimes. Les économistes voyaient pourtant dans cet évènement un simple signal d’alarme, et non sur une crise globale et continue. N’en déplaise, la crise s’amplifie : les prix immobiliers ne cessent de chuter depuis dix-sept mois maintenant aux US.
 
La baisse des prix à elle seule est facteur d’inquiétudes pour le gouvernement américain, d’autant que son ampleur est immense. Pour preuve, au mois de mai, les prix des logements en vente dans les vingt plus grandes villes américaines ont enregistré une chute annuelle rocambolesque de 15,8% à en croire la publication des statistiques de Standard and Poor’s – n°1 mondial de la notation financière, de l’évaluation des risques et des données financières. Ce cabinet indépendant souligne le fait que plus l’agglomération est grande et plus la chute est lourde : 16,9% pour les 10 plus grandes villes sur la même période d’analyse.

En juin et juillet, il semble que la tendance soit encore plus prononcée puisque ce recul atteint quasiment 20% annuel sur l’ensemble des villes américaines étudiées. Résultat, pour certaines villes, la valeur de l’immobilier est passée en dessous du niveau antérieur au début de la flambée des prix (2000). Un constat dramatique.

En outre, même si l’indicateur de confiance des ménages enregistre une légère augmentation en juillet (+1,76%) par rapport au mois précédent, il n’en reste pas moins qu’il est 53,24% inférieur au niveau calculé il y a un an tout juste.

Pour enrayer la crise immobilière, l’administration Bush a promulgué une loi contre les saisies immobilières aujourd’hui, loi qui aura pour unique but d’aider 400 000 propriétaires qui risquent la saisie de leur bien et de rééquilibrer les marchés financiers. Cette loi devrait être très rapidement mise en œuvre selon le porte-parole de la Maison Blanche. Concrètement, la loi consentira aux primo-accédants américains en défaut de paiement un emprunt à taux intéressant et garanti par le gouvernement, lequel leur permettra d’éviter de voir leur logement saisi et vendu à un prix dérisoire.

Dans le même temps, George W. Bush a réaffirmé son soutien auprès des deux géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac dans leur lutte contre la crise du crédit.

Ce plan d’urgence figure parmi les plus ambitieux depuis ces dix dernières années. Espérons que cette fois, l’initiative du gouvernement porte ses fruits. Car l’inquiétude des particuliers tout comme des professionnelles est palpable.

Anne Chartier