Actualité du marché immobilier
Immobilier Chine : spéculation contrôlée par le gouvernement
Ecrit par Anne Chartier jeudi, 10 juillet 2008 13:06
Après une période de crise entre 1998 et 2001, le marché immobilier chinois est reparti à la hausse depuis quelques années. La croissance du pays est très forte (plus de 10% par an), ce qui a eu pour effet d’augmenter le revenu moyen par habitant. La perspective de gains plus importants a poussé de nombreux jeunes actifs à vivre dans les grandes villes chinoises (Pékin, Shanghai) et cela a bien évidemment créé un besoin de logements supplémentaires.De façon logique, les prix ont flambé depuis 2005, d’autant que la spéculation a envahi le marché chinois. Toutefois, contre toute attente, les experts immobiliers constatent un ralentissement aujourd’hui. Pourtant, ce ralentissement serait tout sauf subit : le gouvernement chinois, face à la flambée des prix, souhaite désormais éviter que les prix n’atteignent des sommets trop vite. C’est pourquoi il intervient dans l’économie pour encadrer le marché. De nouvelles mesures ont été adoptées pour freiner la spéculation et l’inflation de l’immobilier. Il semble que ces mesures soient plutôt efficaces puisque l’on observe que les prix de vente des immeubles de standing ont chuté de 3,4% sur le second trimestre 2008.
Parmi les dispositifs de lutte contre la spéculation, le plus efficace consiste à réserver l’achat immobilier par les étrangers aux seuls résidents de plus de un an en Chine et détenteurs d’un contrat de travail en cours de validité. En outre, les conditions d’accès à l’investissement immobilier pour les sociétés étrangères (promoteurs notamment) se sont elles aussi durcies.
Les analystes estiment pourtant que les prix vont repartir à la hausse rapidement surtout que l’inflation fait rage cette année en Chine (+8,5% en un an) : les prévisions tablent déjà sur une hausse des prix de l’ordre de 10% par an dans les années à venir dans la mesure où le marché immobilier chinois se développe tout juste. Rappelons que l’accession à la propriété n’est possible que depuis 1990. La qualité des logements s’est donc appréciée en même temps que le niveau d’exigence des investisseurs d’où une augmentation logique des tarifs.
La tenue des Jeux Olympiques à Pékin ont également eu leur part de responsabilité dans la flambée des prix de l’immobilier. Désormais, cet effet n’est plus du tout palpable car les autorités pékinoises ont concentré leurs efforts dans la construction d’infrastructures et d’équipements dédiées à ce grand évènement sportif. Les projets de construction résidentielle ont ainsi été freinés d’où un ralentissement du marché.
Le marché devrait renouer avec la croissance d’ici la fin de l’été – avec la clôture des J.O. – mais cette croissance ne devrait pas profiter aux entreprises françaises ou européennes. La compétitivité est quasi impossible face à des entreprises d’état qui ont la priorité absolue sur le marché de la construction. Seules les entreprises étrangères formant des joint ventures (association avec une entreprise chinoise) parviennent à pénétrer le marché. Ce sont donc des règles de marché plutôt protectionnistes, d’autant que si les entreprises étrangères sont absentes sur le marché chinois, l’inverse n’est pas vrai : les projets de sociétés chinoises fleurissent déjà au Moyen Orient et en Asie (Dubai, Singapour, Afrique) et bientôt envahiront l’Europe et les Etats-Unis. Certains experts n’hésitent pas à qualifier ces pratiques d’anticoncurrentielles.
Anne Chartier


