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Maroc : L’immobilier attire les investisseurs étrangers et attise la spéculation

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Alors que le Maroc avoue subir les revers de la crise immobilière internationale, la filiale immobilière du géant gazier russe Gazprom – Intenco – a annoncé ces jours-ci sa volonté d’investir un milliard d’euros dans des constructions immobilières et touristiques au Maroc. Intenco a d’ores et déjà créé une structure dans le Nord du Maroc, laquelle projette d’affecter quelques 450 millions d’euros au projet de construction de villas et d’appartements résidentiels sur plus de cent hectares. S’y ajouteraient la construction d’activités touristiques (golf, marina, etc.) et d’un immense centre commercial.

Bien évidemment, la filiale russe n’entend pas s’arrêter là dans ses projets de conquête du Maroc puisqu’un autre projet s’élevant à plus de 400 millions d’euros est en cours de réalisation près de Tétouan. Celui-ci occupera près de 1200 hectares et prendra la forme d’un complexe de haut standing composé d’hôtels, de résidences et autres activités de loisirs.

Les investisseurs russes ne sont pas les seuls à vouloir conquérir le Maroc : les promoteurs européens (Espagne, Royaume Uni, France) et du Moyen Orient s’arrachent les terrains libres pour y construire leurs complexes touristiques de luxe d’où une spéculation intense et une augmentation des prix telle que les populations locales ont du mal à trouver des logements répondant à leurs critères financiers.

Parallèlement à cela, certaines banques marocaines, comme la Bank Al Maghrib, souhaitent programmer une hausse des taux d’intérêt : l’argumentation qu’elles tiennent réside dans le fait que « les taux des prêts immobiliers, sont historiquement plus faibles que les autres taux » et qu’ils doivent suivre la hausse des taux des bons du Trésor qui a eu lieu au cours des derniers trimestres. Cela fait craindre un surendettement supplémentaire de la population. La direction des études et de la prévision financière s’inquiète sérieusement de la situation immobilière dans le pays. Seul le crédit à la consommation et à l’équipement serait épargné d’une hausse de taux d’intérêt : leur coût diminuerait certainement.

Le Maroc fait face à des multiples problématiques en matière immobilière et n’a pas encore trouvé les solutions qui permettront de ralentir la hausse fulgurante des prix immobiliers.

Anne Chartier