Actualité du marché immobilier
Immobilier Maroc : L’économie souffre de la flambée des prix immobiliers
Ecrit par Anne Chartier mardi, 03 juin 2008 15:18
Face à la conjoncture économique inquiétante, le gouvernement marocain a fait savoir qu’il interviendrait pour tenter de contenir la flambée des prix de l’immobilier à l’origine de multiples maux dans la société. Il s’est donc fixé comme priorités urgentes la régulation du marché immobilier et la stabilisation des prix, deux paramètres indispensables pour que les marocains reprennent confiance dans le marché, que la consommation des ménages et leurs investissements reprennent. Sans cela, c’est tout un pan de l’économie qui souffrira et qui fera plonger l’économie du pays toute entière.Le ministère des Finances et le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Développement de l’Espace ont travaillé en collaboration pour établir un plan d’action, lequel sera rapidement mis en œuvre pour lutter en faveur de l’accession à la propriété par la stabilisation des prix. Jusqu’à présent, les ménages à revenus faibles, tout comme les ménages à revenus moyens se confrontaient à de grands obstacles lorsqu’ils engageaient des procédures d’acquisition immobilière (flambée des prix, pratique répandue du « noir » sur les transactions immobilières, etc.).
Dès lors, le plan d’action se compose de douze mesures qui ont été pensées dans l’optique de réguler le marché immobilier pour éviter la spéculation abusive et de promouvoir la profession immobilière, malgré les pratiques systématiques de recherche du profit rapide par quelques promoteurs immobiliers peu scrupuleux. Cette batterie de mesures ne sera pas adoptée dans l’immédiat. Malgré tout, les deux ministères impliqués font appel à des moyens matériels et humains pour concevoir le cadre juridique qui soutiendra la légitimité de ces mesures.
Parmi les mesures phares, le gouvernement marocain souhaite augmenter l’offre de logements grâce au développement de la maison à 140 000 dirhams (soit 12 300 euros environ). 25 000 logements par an devraient voir le jour et ce, pendant une durée de cinq ans, ce qui permettra peut-être de répondre au besoin croissant de logement pour les familles à revenus modestes. Une autre mesure importante concerne la pratique du noir qui aboutit à des « détournements » fiscaux et qu’il est nécessaire d’enrayer pour assurer plus de transparence sur le marché immobilier. La démarche consistera à recourir à la procédure de préemption, déjà utilisée dans de quelques pays. Enfin, les taxes fiscales sur les terrains non bâtis seront révisées à la hausse de sorte à diminuer le nombre de logements / terrains vacants estimé à 800 000 à l’heure actuelle. Un chiffre bien trop élevé pour le gouvernement marocain. En revanche, l’Etat n’agira pas sur les taux d’intérêts jugés cohérents avec la logique de concurrence interbancaire, avec les enjeux de la politique de l’habitat et avec les ressources financières disponibles des ménages.
Le renforcement de l’offre immobilière (notamment sociale) et la lutte contre la spéculation sont des armes importantes dont dispose le gouvernement. Cela devrait permettre, selon l’Etat marocain, de stabiliser les prix, et donc de permettre aux ménages dont le pouvoir d’achat est limité de se loger dignement sans dépenser des fortunes.
Anne Chartier


