Actualité du marché immobilier
Immobilier Etats-Unis : une légère amélioration en Avril
Ecrit par Anne Chartier
mercredi, 21 mai 2008 11:05

Plus d’un an après le début de la crise des subprimes aux Etats-Unis, le système bancaire aurait constaté près de 2000 milliards de dollars de perte selon le centre de recherche américain Levy Economics Institute. L’agence de cotation financière Standard & Poor’s avait estimé le coût de la crise à quelques 500 milliards de dollars à la fin de l’année 2007. En à peine un trimestre, le coût total a donc été multiplié par quatre et cela suscite une gave inquiétude auprès des autorités américaines qui voient mal comment elles pourront combler ce déficit.
Avec cette crise de l'immobilier, le système bancaire américain a été totalement ébranlé et le déficit ne cesse de se creuser au fur et mesure que le marché immobilier poursuit sa décadence. Evidemment, au-delà des nombreux défauts de paiement (et donc des conditions de crédit hypothécaire relativement laxistes) qui sont pointés du doigt, c’est le mode de financement du marché immobilier américain qui est totalement remis en doute : il demeure mal contrôlé voire incontrôlé, ce qui peine à le sauver face à une spéculation agressive.
Le cabinet de recherche Levy Economics Institute estime même que les prix de l’immobilier pourraient encore chuter de 30%, ce qui représenterait une altération de près de 6000 milliards de dollars du patrimoine des ménages américains. Une ascension de l’endettement donc que cet institut craignait depuis bien longtemps déjà. D’ailleurs, il avait tiré la sonnette d’alarme à la fin des années 90 face à l’amplification de la bulle boursière qui menaçait d’éclater. Un avertissement passé inaperçu tout comme l’annonce d’une dégringolade imminente du dollar en novembre 2004, laquelle s’est produite dès la réélection de George W. Bush à la présidence américaine.
Evidemment, face à une situation actuelle critique, les hauts responsables américains et les ménages sont dans le plus grand désarroi. Heureusement, les chiffres d’avril tendent à apaiser cette douleur : le nombre de mises en chantier a augmenté de 8,2% en avril par rapport au mois dernier. Une nouvelle rassurante qui arrive au moment opportun. Le volume de permis de construire a lui aussi retrouvé un certain souffle avec une hausse de presque 5% le mois dernier. Pour autant, les experts du secteur immobilier se refusent à prédire un retour rapide à la croissance car le marché baigne toujours dans une grande incertitude d'autant que les indices du marché immobilier avaient atteint un niveau catastrophique en mars.
Ces timides signes d’amélioration rassurent l’ensemble des économies dont l’avenir dépend de la capacité américaine à renouer avec la croissance économique. Un défi jugé encore délicat dans ce contexte de récession économique.
Anne Chartier