Actualité du marché immobilier
Immobilier : l'Algérie s'inquiète de la spéculation immobilière
Ecrit par Anne Chartier mardi, 13 mai 2008 12:54
Le ministère de l'Habitat et de l'Urbanisme en Algérie a organisé il y a quelques jours une journée consacrée à la profession d'agent immobilier pour permettre de mieux comprendre l'organisation du marché immobilier algérien et d'assurer un contrôle plus stricte du secteur.De cet évènement sont ressortis deux nouveaux axes d'amélioration du fonctionnement du marché immobilier :
- Le premier objectif est d'encourager la profession immobilière et plus particulièrement les agents, à réorganiser la fédération nationale d'agences immobilières (FNAI) pour fonctionner avec un régime d'adhésion et ainsi réduire les pratiques malhonnêtes de certaines agences de la profession. Le ministre de l'Habitat en Algérie – M. Moussa Nourreddine – a en effet tiré la sonnette d'alarme face à des manœuvres négatives pour l'ensemble du corps professionnel immobilier. Par ces propos, il entendait dénoncer la vente de logements sociaux par des agences, dans le but de favoriser la sous-location. Or, cette pratique est formellement défendue par les textes législatifs.
- Le deuxième objectif est de faire voter un décret exécutif permettant de redéfinir et restructurer les missions de l'agent immobilier de façon à assurer l'application des droits de l'Etat et du citoyen. Car de nombreux agents immobiliers manifestent leur désarroi face à l'ouverture croissante d'agences non conformes à la déontologie de la profession et qui s'abstiennent de signer les contrats avec les clients. Ce texte de loi servira alors à encadrer la profession pour essayer de réduire la spéculation qui s'abat sur le marché immobilier, laquelle provoque des dégâts considérables pour la population locale qui peine de plus en plus à trouver des logements en accord avec leurs sources de revenus. Les prix flambent dans les pays d'Afrique du Nord car les populations des pays étrangers investissent en masse dans ces petits paradis géographiquement proches de leurs résidences principales.
Nourreddine Moussa a tout de même tenté de rassurer ses auditeurs, en affirmant que ce phénomène spéculatif affecte toutes les capitales du monde dans la mesure où le marché immobilier n'est régi que par la rencontre entre l'offre et la demande.
Cette journée d'information a permis de mettre en évidence les divergences de points de vue entre le ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme algérien et le président de la FNAI qui revendique les bienfaits du marché locatif dans les grandes villes. Son argument repose sur le fait qu'il est très difficile d'acheter un logement à prix modeste dans les grandes villes. La meilleure solution consiste alors à se tourner vers le marché de la location pour éviter l'augmentation du niveau de stock de biens immobiliers mis en vente et ainsi réduire le risque de crise du secteur.
La conclusion qui s'impose à nous est que l'Algérie, comme de nombreux autres pays dans le monde, souffre elle aussi de la spéculation qui s'opère sur le marché de l'immobilier. L'Etat algérien avait pourtant fourni des efforts en investissant pas moins de 300 milliards de dinars pour faciliter les citoyens dans leurs démarches de recherche de logement. Sa priorité restera donc "l'intérêt du citoyen et l'accessibilité du logement" et ce, malgré la flambée des prix de l'immobilier due à l'augmentation importante de l'inflation et la multiplication des pieds à terre d'entreprises étrangères en Algérie.
Anne Chartier


