Actualité du marché immobilier
Immobilier USA : la fin de la crise reportée à 2009
Ecrit par Anne Chartier jeudi, 08 mai 2008 09:58
Dans sa dernière déclaration à New York, le président de la réserve fédérale américain – Ben Bernanke – s'est adressé aux deux poids lourds du marché du crédit hypothécaire américain (Freddie Mac et Fannie Mae) pour les prévenir de la nécessité urgente de lever de nouveaux fonds propres.L'objectif de la Fed est d'éviter une amplification de la crise financière en tentant de consolider le rôle de ces deux institutions dans le marché du refinancement hypothécaire. La crise des subprimes a fragilisé leurs actions, dans la mesure où leur activité consiste à racheter des crédits immobiliers aux organismes bancaires. Face à l'accroissement du nombre de défauts de paiement des ménages américains, les banques ont durci les conditions d'attribution des prêts immobiliers. C'est ce que l'on appelle le «Credit Crunch». Ce phénomène de raréfaction du crédit, couplé aux dépréciations des valeurs immobilières ont affaibli les résultats des sociétés Freddie Mac et Fannie Mae qui ne sont alors plus en mesure de soutenir efficacement le marché immobilier, faute de fonds suffisants. Fannie Mae a d'ailleurs publié ses résultats trimestriels cette semaine et affiche une perte de plus de 2 milliards de dollars.
En outre, une récente étude a établi que la croissance du marché immobilier ne fera pas son retour avant le deuxième semestre 2009. Autant dire que l'on ne se cache plus à parler de récession pour décrire la situation de l'économie américaine. Les précédentes crises du marché immobilier se sont soldées après une période de 27 mois en moyenne. Or, aujourd'hui, la crise du marché américain a dépassé cette échéance, sans qu'aucun signal de fin de crise ne se fasse sentir. Le niveau de la demande reste toujours faible. Les ménages américains font preuve d'une extrême prudence et ne veulent plus pour le moment investir dans un marché incertain. Ceci explique l'augmentation du stock de biens immobiliers en vente. De plus, l'indice de la consommation est au plus bas, et le nombre de chômeurs a tendance à augmenter ces derniers temps.
Les baisses consécutives des taux d'intérêts directeurs n'ont pas encore porté leurs fruits. Il faudra attendre plusieurs mois pour juger de leur efficacité sur le comportement des consommateurs et investisseurs.
Face à une offre bien supérieure à la demande, les experts prédisent une forte baisse des prix cette année. C'est dans ce contexte que la Fed a fait sa déclaration pour tenter d'encourager le retour au positivisme. Mais si les levées de fonds de Freddie Mac et Fannie Mae s'avèrent inefficaces, cela pourrait sonner l'heure pour le gouvernement d'aider les deux sociétés en leur apportant des fonds. Evidemment, cela coûterait à l'économie américaine de 3 à 8% de son PIB et fragiliserait d'autant la solidité financière du pays.
Anne Chartier


