Actualité du marché immobilier
Immobilier : la crise épargne le Québec, prix constants à Montreal
Ecrit par Anne Chartier
mardi, 01 avril 2008 09:40

Les derniers mois ont marqué le retour à une fragilité significative pour le marché immobilier et ce, dans un certain nombre de pays. L'actualité évoque tous les jours le dramatique recul du marché américain, le krach du marché espagnol. Pourtant, certaines zones géographiques sont épargnées par cette crise.
Le Québec est l'une des régions du monde où le marché immobilier n'a pas connu de revers dans sa croissance au cours de l'année 2007. C'est tout du moins ce qu'a affirmé le président de la Banque Royale du Canada, M. Holt, dans le dernier rapport publié en fin de semaine dernière. Visiblement, l'accessibilité au logement est restée stable en 2007 et semble même montrer des signes d'amélioration pour 2008. L'équilibre du marché est notable au Québec, et c'est l'une des raisons pour lesquelles le logement ne fait pas l'objet de multiples débats ou d'inquiétudes dans la province francophone du Québec.
Les professionnels du secteur reconnaissent que les prix immobiliers suivent un mouvement à la hausse, hausse pour l'heure plus rapide que celle des salaires. Cependant, cette progression des prix devraient se stabiliser autour de 6% pour l'année à venir ce qui laisse présager que les ménages québécois ne subiront pas de plein fouet la flambée des prix et pourront donc poursuivre leur projet d'investissement immobilier sans trop d'inquiétudes.
Montréal illustre bien la tendance qui se profile pour l'année 2008 dans le reste du Québec. Les prix de la capitale francophone du Canada restent assez constants (augmentation relative de 5% du prix des maisons), ce qui assure de meilleurs conditions d'accessibilité aux logements. D'autant que le rapport publié par la Banque Royale du Canada estime que, contrairement à leurs voisins limitrophes, les Canadiens ne sont pas surendettés et donc leur capacité de remboursement (solvabilité) est bien meilleure, et ce notamment grâce à la dégradation du dollar américain. De ce fait, les banques ont moins de craintes à leur proposer des modes de financement pour leur investissement immobilier. Par voie de conséquence, le marché immobilier québécois se distingue des autres zones du monde par sa stabilité et se trouve moins confronté à la crise du crédit, et ce, même en cas de progression contraire des prix des logements d'habitation.
Dans ce contexte de crise internationale de l'immobilier, le président de la Banque Royale du Canada se voulait expressément rassurant lorsqu'il a répondu aux questions de la presse : «La forte dépréciation du dollar américain depuis six ans a fait que les Canadiens sont devenus relativement plus riches, car la valeur de ce que leur patrimoine leur permet d'acheter sur les marchés mondiaux a augmenté plus que pour les Américains».
Le Québec représente toutefois l'exception canadienne, dans la mesure où l'accessibilité au logement s'est fortement détériorée dans de nombreuses villes du pays à l'image de Toronto et Vancouver. Par ailleurs, les analystes tablent sur un ralentissement du volume de construction de logements neufs en 2008, y compris pour le Québec, mais espèrent que la baisse des taux hypothécaires et la lutte contre la hausse des prix annoncée par les politiques canadiens suffiront à maintenir l'accessibilité à son bon niveau actuel. Dans le cas contraire, le marché immobilier pourrait se diriger vers des travers identiques à ceux des Etats-Unis ou de certaines régions d'Europe.
Anne Chartier