Actualité du marché immobilier
Immobilier : Sarkozy veut une "France des propriétaires"
Ecrit par Christophe Baillon lundi, 07 mai 2007 13:04
Nicolas Sarkozy propose de déduire les intérêts d'emprunt de sa résidence principale
Nous y sommes, après une campagne mouvementée, les français ont choisi Nicolas Sarkozy avec une confortable majorité comme successeur de Jacques Chirac.
Côté politique du logement et fiscalité immobilière, la vision de Sarkozy est claire : il ne veut pas d'une France pleine de logements sociaux, et préfère adopter des mesures permettant à tous les français de devenir propriétaire. Ainsi, pour rendre plus facile l'achat d'un logement, Nicolas Sarkozy souhaite que l'on puisse déduire tous les intérêts du crédit de sa résidence principale de son revenu imposable. Les ménages non imposables se verraient attribuer un crédit d'impôt.
Cette mesure suffira-t-elle pour permettre aux ménages modestes de devenir propriétaires ? Rien n'est moins sûr. En premier lieu, cette mesure n'est pas vraiment équitable, car elle favorisera en priorité les ménages disposant de gros revenus ayant souscrit un emprunt important pour acheter une résidence principale. Cette mesure ne concernera d'ailleurs pas les ménages modestes, car compte tenu du niveau des prix actuels, il est quasiment impossible d'avoir accès à la propriété avec un niveau de revenus inférieur à 2 SMIC.
Un dispositif similaire a d'ailleurs été supprimé et remplacé par le PTZ (prêt à taux zéro) par le gouvernement Juppé dans les années 1990. Deux anciens conseillers ministériels du gouvernement Balladur témoignent anonymement : "Une telle mesure parâit plus attrayante qu'efficace". De nombreux experts avaient conclu à l'époque que cette incitation fiscale n'était pas déterminante dans la décision des ménages d'acheter un logement, ce qui a valu la suppression de la mesure.
"Le mécanisme défendu par Nicolas Sarkozy va alimenter l'inflation immobilière. Ce que les ménages gagneront sur le plan fiscal, ils le perdront du fait de l'augmentation des prix alimentée par la mesure" affirme Jean-Pierre Petit, directeur de la recherche économique d'Exane BNP Paribas, bien connu pour ses interventions et mises en garde sur le marché immobilier. Sans parler du coût de la mesure pour les finances publiques. Xavier Bertrand, le porte-parole de Nicolas Sarkozy a annoncé le chiffre de 4 à 5 milliards d'euros.
Le nouveau président n'a pas précisé si cette mesure signifiait à terme la suppression du PTZ. Nous ne savons pas non plus actuellement si un plafonnement des intérêts déductibles est prévu.
Attendons d'avoir des détails pour évaluer l'impact du dispositif. Une chose est sûre, la principale difficulté des ménages modestes est de faire face à un marché inaccessible dont les prix sont complètement déraisonnables, et aucune mesure ne sera prise par Sarkozy pour assagir le marché, bien au contraire.
Il est illusoire de penser que les ménages modestes vont pouvoir devenir propriétaire, et les prix de l'immobilier risquent de rester orientés à la hausse.
Mais cela n'écarte pas l'hypothèse d'éclatement de la bulle immobilière, toujours très présente dans le discours de certains économistes.
Christophe Baillon
Prix-Immo


