Actualité du marché immobilier

Immobilier : les conséquences des programmes de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sur l'immobilier.

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. ImprimerEmail

Elections : immobilier selon le programme de Royal et celui de Sarkozy


A deux jours du second tour des élections présidentielles, voici un décryptage des orientations prises par chacun des deux candidats concernant la politique du logement et les mesures concernant l'immobilier. Sans revenir sur le contenu des deux programmes, que nous avons déjà abordé dans un article
précédent, focalisons-nous sur les conséquences directes sur le marché immobilier engendrées par l'élection de l'un ou l'autre des candidats.


 

Nicolas Sarkozy souhaite tout d'abord mettre en oeuvre une déduction fiscale de la totalité des intérêts d'emprunt de sa résidence principale, et l'instauration du crédit revolving permettant à chacun d'emprunter à nouveau au fur et à mesure des remboursements, calqué sur le modèle américain. Le candidat UMP veut également créer un prêt foncier à taux zéro dans les zones de tension immobilière très vive.

Ségolène Royal veut quant à elle permettre aux collectivités de procéder à des réquisitions de logements vides pour les remettre sur le marché de la location, surtaxer sévèrement les propriétaires de logements vacants, mais également imposer la construction de 120.000 logements sociaux par an, doubler le nombre de résidences étudiantes, l'application de l'article 55 de la loi SRU, et le triplement des sanctions financières contre les communes qui ne respectent pas les quotas de construction. La candidate PS souhaite également renforcer la protection des locataires victimes des ventes à la découpe, et plafonner les loyers du parc social et privé conventionné à 25% des revenus des ménages en instaurant un "bouclier logement".

On voit clairement que les prix de l'immobilier risquent d'être sérieusement influencés dans des directions totalement différentes selon le président élu le 6 mai 2007.

Le programme de Nicolas Sarkozy incitera largement les ménages à continuer d'acheter, en s'endettant davantage. La déduction des intérêts a pour but d'augmenter le pouvoir d'achat immobilier des français, pour compenser les prix très élevés. Nicolas Sarkozy propose ainsi la création de nouvelles marges de manoeuvres pour pallier à l'essouflement de la capacité d'endettement des ménages. De ce fait, Nicolas Sarkozy, en soutenant le marché immobilier, et en permettant aux français de continuer à pouvoir acheter malgré des niveaux de prix élevés, devrait inciter le marché immobilier à continuer sur un rythme haussier, au moins le temps d'essoufler les dernières mesures mises en oeuvre. Mais combien de temps cela sera-t-il soutenable pour les bas et moyens revenus ?

Ségolène Royale, à l'inverse, risque d'entraîner les prix à la baisse, en augmentant fortement l'offre de logements par de nombreuses constructions imposées, et une incitation stricte aux communes de respecter des quotas de construction. En réquisitionnant les logements vacants et en les surtaxant, les propriétaires auront tout intérêt à remettre leur bien sur le marché, et selon l'INSEE, les logements vacants seraient près de 2 millions (bien que ces chiffres soient contestés par certains), ce qui constitue une réserve susceptible de redresser significativement l'offre disponible.

Si les promesses des candidats sont respsectées, (et cela reste encore une autre question), on peut aisément en déduire que si Sarkozy passe, les prix de l'immobilier devraient, au moins modérément, continuer à augmenter.

Inversement, l'élection de Royal serait un facteur qui pourrait précipiter les prix de l'immobilier vers le bas.

Ces suppositions sont bien sûr à prendre avec réserve, car de nombreux autres facteurs entrent en jeu. Il n'est pas possible d'estimer avec quelle ampleur les prix seront influencés par l'élection de l'un ou l'autre, mais il est certain que le marché immobilier sera très largement affecté par cette élection.

Christophe Baillon

Prix-Immo